Les beaux jours ont beau être arrivés et le rythme des sorties s'être un peu ralenti, nous restons sur le pont pour vous proposer des avis éclairés sur les jeux du mois de juin. Nous nous intéressons aujourd'hui à Deer & Boy, qui a eu récemment droit à une version d'essai, très courte toutefois, sur Steam.
Avec son esthétique assez épurée, tout en à-plat de couleurs, et l’approche low-poly de la direction artistique, Deer & Boy ne manque pas de charme visuellement. Nous avons également fortement apprécié le soin apporté à la mise en scène et l’utilisation de la profondeur pour dynamiser les déplacements, qui se déroulent essentiellement sur un plan 2D (à une exception près vers la fin du jeu). Il arrive en effet régulièrement que le personnage, tout en suivant le chemin unique tracé par les développeurs, se mette à se diriger vers le fond de l’écran, ce qui ajoute un brin de variété à la progression. Sachez également que le jeu s’appuie sur des changements de plan volontaires du joueur, qui doit parfois grimper sur un élément du décor situé dans l’arrière-plan pour continuer de progresser. Des marqueurs visuels discrets (mais bien visibles) se chargent de bien indiquer le chemin à suivre, ce qui fait que ce que l'on attend de nous est donc toujours clair et que l’on ne reste jamais bêtement bloqué. Si l’aventure est courte, elle est au final plutôt bien menée, et l’inclusion de passages en full 3D et d’une séquence proche du runner dans la dernière partie du jeu lui évite de tomber dans la monotonie. Deer & Boy est aussi une expérience immersive grâce à son ambiance sonore, aussi soignée quand il s’agit d’habiller l’univers du jeu de bruitages cohérents par rapport aux lieux traversés, que dans les moments où la bande originale revient au premier plan pour appuyer les moments clefs chargés en émotion. Le jeu a beau ne disposer d’aucune ligne de dialogue parlé, il n’en demeure pas moins très touchant à plusieurs reprises, et s’il n’atteint jamais la maîtrise des plus grands titres du genre, il ne laisse pas insensible. Pour les 20€ demandés, certains trouveront sans doute que la durée de vie n’est pas assez conséquente pour lui donner sa chance, et on ne pourra pas leur donner tort dans une certaine mesure, d’autant qu’il n’existe aucun collectible pour motiver une seconde partie. Ceci étant dit, la somme demandée nous semble tout à fait honnête, tout dépendra donc de votre attachement au genre cinematic platformer. Sachez cependant que, sous des atours très enfantins, le jeu ne sera pas forcément adapté aux plus jeunes, à moins de les accompagner dans l’aventure. Pas que les mécaniques de jeu soient trop complexes pour les joueurs les moins expérimentés, mais certaines séquences, plus stressantes de par leur ambiance et leurs enjeux, risqueraient d’être assez mal vécues par les plus sensibles.