Après les excès liés aux fêtes de fin d’année, nous allons commencer 2026 avec un article un peu moins copieux qu’à l'accoutumée pour vous parler d’une partie de l’écosystème Evercade, qui devrait parler aux adeptes du rétrogaming qui traînent encore parmi vous. Un article qui a été rendu possible grâce à l’envoi d’un appareil de la gamme, mais qui se base également sur certains de nos achats personnels. Bonne lecture !
Voici quelques années que les produits Evercade font parler d’eux dans le milieu du rétro, et comme nous avons eu l’occasion d’approcher certains modèles de la marque créée par la société Blaze Entertainment, nous pouvons désormais vous en parler en connaissance de cause. Pour être parfaitement transparents avec vous, nous avons reçu le modèle Super Pocket consacré à l’éditeur Data East il y a quelques semaines, mais nous avons investi de notre poche dans quelques cartouches supplémentaires (les deux compilations Bitmap Brothers et les deux dédiées aux jeux Interplay), ainsi que dans deux des trois modèles Alpha (celui regroupant les jeux Street Fighter et celui incluant des titres variés comme Mega Man 1 et 2, Final Fight ou Strider), qui sont en fait des mini-bornes d’arcade d’environ quarante centimètres de haut. Nous sommes également censés recevoir les deux autres itérations de cette console rétro que sont les modèles EXP-R, qui rappelle le design de la Switch en mode portable, les sticks analogiques en moins, et VS-R, qu’il est possible de brancher sur un téléviseur moderne, mais nous ne les avons pas encore reçus à ce jour. D’après les informations qui nous ont été communiquées, les deux produits envoyés pour le test sont en effet restés coincés à la douane entre le Royaume-Uni et notre bon vieil hexagone depuis plusieurs semaines, ce qui nous a empêchés de les inclure dans ce article. Aujourd’hui donc, nous allons essentiellement vous parler du modèle Super Pocket, même si nous évoquerons aussi rapidement nos deux gros achats de Noël pour que vous sachiez à quoi vous en tenir.
Pour 41.99€ sur Amazon en ce moment (prix public conseillé 59.99€), la Super Pocket consacrée à l’éditeur Data East propose dix-huit titres sortis en arcade (ou sur les consoles et micro-ordinateurs pour certains) pendant les années 80 et 90. Le public visé est évidemment plutôt celui des nostalgiques ayant connu l’époque de sortie de ces titres, mais le succès des mini-bornes d’arcade à piles auprès des enfants prouvent qu’il est tout à fait possible de s’amuser sur ce genre de machines même quand on n’est pas un joueur d’âge vénérable. Il existe évidemment plusieurs modèles de Super Pocket déjà sortis, chacun étant dédié à un éditeur particulier (Atari, Taito, Capcom, Technos), avec des coloris distincts qui évoquent la marque choisie, et grâce au format réduit de l'appareil (10,41 x 8,13 x 2,29 cm), on se trouve vraiment face à une portable qui tient littéralement dans la poche. Bien sûr, cela implique une taille d’écran assez limitée (2.8 pouces) et une résolution moindre (320x240) par rapport aux autres modèles de la marque, mais en dehors de certains titres, où la lisibilité (de l’action ou des textes à l’écran) est impactée, c’est une machine qui procure de bonnes sensations. L’écran IPS est de bonne qualité et propose une bonne luminosité, et si ce n’est l’inclusion des boutons R1/R2 et L1/L2 sur la façade arrière de la console, la jouabilité des jeux testés reste tout à fait satisfaisante (nonobstant les éventuelles difficultés à se faire à leur gameplay plus ou moins vieillot). Bien sûr, pour les quelques jeux Super Nintendo et PlayStation qui demandent d’utiliser ces touches de tranche, l’ergonomie n’est clairement pas aussi optimale que sur une manette ou sur une Switch, et on suppose qu’il n’est pas simple de jouer à Street Fighter et de sortir des Hadoken à la chaîne sur la Super Pocket Capcom. D’autant que la croix directionnelle semble moins convaincante que celle de l’EXP (d’après ce que nous en avons lu du moins - on rappelle que nous n’avons toujours pas reçu ce modèle).
Côté design, cette nouvelle itération de la Super Pocket est identique aux précédentes et se distingue seulement par sa palette de couleur bleue et orange du plus bel effet. La machine dispose d’une prise USB-C pour la recharger (l’autonomie est assez logiquement excellente) et d’une prise casque si l’on ne souhaite pas partager le son du haut parleur présent sur la façade avant avec tout son entourage. Un bouton de volume est disponible à l’arrière et on accède facilement au menu via une touche dédiée située entre la croix directionnelle et les boutons A/B/X/Y. Les options permettent de configurer l’affichage à sa guise (ratio d’origine, pixel-parfait, plein écran), d'ajouter un filtre cathodique (subtil ou fort) et de modifier les paramètre audio (volume principal, volume de la musique, volume du son) et la difficulté (un mode facile est disponible si le mode normal des jeux d’arcade intégré est trop relevé à votre goût). La touche de menu permet également d’accéder aux dix-huit jeux intégrés dans la machine, mais aussi à ceux que vous possédez en version cartouche, sachant que le catalogue est désormais assez conséquent, même s’il faut garder en tête que la plupart des compilations comportent toujours des titres moins intéressants que les plus connus de la sélection. Côté tarif, sachez que les différentes cartouches sont généralement proposées dans une gamme de prix qui oscille entre 20 et 30€. Pour un catalogue aussi ancien, cela n’est pas un investissement si anodin que cela, sachant, comme nous l’évoquions à l’instant, que tous les titres ne se valent pas forcément, mais gardez bien en tête qu’il s’agit ici d’une solution légale, donc forcément plus limitée que les machines qui incorporent des centaines de roms de différentes machines et époques.
Concernant les jeux Data East, pour être parfaitement honnêtes avec vous, nous n’en connaissions que très peu finalement : Bad Dudes vs Dragon Ninja, pour avoir rêvé devant la jaquette de la publicité des magazines de l’époque, Burnin’ Rubber, Joe & Mac : Caveman Ninja et Joe & Mac Returns, même si ce dernier n’était plus un jeu de plateforme à proprement parler. Ceci étant dit, le reste de la sélection nous a également valu quelques bonnes surprises (Breakthru, aussi vieux soit-il, est très sympathique, et les Crude Buster, Dark Seal I et II, Edward Randy et Spinmaster fleurent bon les jeux d’arcade des années 90, avec leurs gros sprites et leurs effets spéciaux impressionnants pour l’époque). Les autres titres, plus anciens pour la plupart, nous ont moins emballés, mais ils ont le mérite de proposer une expérience dans des genres assez variés (Chain Reaction, Tumblepop, Burgertime and Super Burgertime, Peter Pepper’s Ice Cream Factory, Karate Champ, Lock ‘n’ Chase et B-Wings). À noter que Blaze Entertainment a également mis en vente deux cartouches dédiées à Data East, et que ces dernières incluent quelques titres supplémentaires, dont certains que nous aurions adoré voir inclus dans la Super Pocket (Joe & Mac 2, Midnight Resistance et Sly Spy notamment, pour des raisons essentiellement nostalgiques nous devons l'admettre). Précisons enfin que, lorsque l’on est en pleine partie, la touche menu permet de sauvegarder (six emplacements à chaque fois) et de charger sa partie quand on le souhaite, mais aussi de consulter les commandes très rapidement. Les cartouches incluent bien un petit livret à l’ancienne dans chaque boîte, mais il est évidemment absent pour les jeux intégrés à cette version Super Pocket.
En optant pour le catalogue Bitmap Brothers et Interplay, nous savions que la sélection choisie par Blaze Entertainment allait nous satisfaire pour une grande majorité de titres. Chez les Britanniques, Speedball et ses deux suites (Speedball 2: Brutal Deluxe et Speedball 2100), le cultissime Xenon 2: Megablast, The Chaos Engine 1 et 2, Gods, Cadaver, Magic Pockets et Z nous ont permis de replonger dans notre prime jeunesse avec un réel plaisir, même s’il faut avouer que cinq à six jeux par compilation, c’est un peu chiche quand on y pense. Chez les Américains, le nombre de titres par cartouche est équivalent, mais nous avons été heureux de retrouver des classiques comme Earthworm 1 et 2, Battle Chess ou Prehistorik Man, et même le très scatologique Boogerman n’a pas si mal vieilli que cela. Clay Fighter 1 et 2 sont sans doute moins mémorables, même si certains en ont gardé de bons souvenirs, et il en va de même pour Claymates, bien que son accueil à l'époque ait été plutôt positif. Nous ne connaissions pas Incantation, mais il s’avère tout à fait sympathique et plutôt joli visuellement. Rad Gravity, The Brainies et Titan sont en revanche clairement les maillons faibles de la liste, et une fois encore, la question se pose de savoir s’il ne vaudrait pas mieux pouvoir acheter des versions dématérialisées des titres qui nous intéressent réellement. Ce n’est évidemment pas le but de Blaze Entertainment, qui s’adresse aux joueurs qui ne jurent que par le support physique. Sur ce plan, il faut avouer que le contrat est parfaitement rempli, avec un packaging plutôt soigné, des (petites) boîtes de qualité et des livrets en couleur (tout aussi rikiki) soignés (mais en anglais uniquement par contre).
Quant aux deux modèles Alpha que nous avons acquis par nos propres moyens, ils nous ont permis de réaliser un vieux fantasme d’enfance sans devoir passer par un service plus onéreux comme celui de Neo Legend. Sans surprise, la qualité n’est pas aussi poussée, mais pour le tarif demandé (229€ pour le prix public conseillé chez nous, mais plusieurs modèles sont proposés moins chers chez certains revendeurs), cela nous semble tout à fait raisonnable. Il s’agit certes de bornes de petite taille, et le stick arcade et les boutons ne procurent pas les mêmes sensations de robustesse que sur une machine pour salle, mais on sent bien tout le soin qui a été apporté au produit. Le choix de faire du monnayeur le bouton ON/OFF est, par exemple, particulièrement bien vu, d’autant qu’il reste allumé en rouge quand la borne est allumée (le branchement se fait sur secteur avec le câble fourni), et la possibilité de brancher une manette USB pour y jouer à deux est appréciable. Reste à savoir si le stick et les boutons ne donneront pas des signes de fatigue après un certain temps d’utilisation, mais en attendant, ils remplissent leur office… L’écran IPS est, une fois de plus, de bonne qualité, avec une taille tout à fait respectable (8 pouces de diagonale), et la décoration des deux modèles est réussie, celle sur Street Fighter reprenant le design de la borne originale de SF2 là où celle de Mega Man (vraiment superbe) donne dans un style plus moderne grâce aux illustrations choisies. Chaque version est livrée avec deux bandeaux supplémentaires (pour illustrer la partie supérieure de la façade avant) si celui choisi par défaut ne vous convient pas, et comme la borne s’illumine dès que l'on y joue, on se croirait vraiment face à un meuble d’époque miniaturisé. Seul défaut à nos yeux, il est à priori impossible d’ôter le film plastique qui protège l’écran sans être obligé de dévisser ce dernier, et même en le faisant, il n’est pas évident de ne pas laisser quelques petits morceaux dans la partie basse de l’écran.