Chez les développeurs français, l'année commence avec des titres qui demandent une bonne maîtrise pour s'y mesurer, et après un Haven plus tourné vers le grand public et à l'opposé de Furi, les Français de The Game Bakers reviennent avec Cairn, un jeu qui met l'accent sur l'escalade d'une manière pour le moins inédite. Loin de l'accessibilité d'un Jusant, on se trouve ici en effet face à un simulateur enrobé d'une belle couche de survie et assaisonné d'une bonne dose de narration. On vous laisse découvrir nos impressions et notre vidéo de gameplay sur PS5 Pro, juste après le clic.
Après avoir joué quelques heures à Cairn et gravi un certains nombre de falaises escarpées, tout en trouvant sur notre chemin des zones d'exploration (parfois bien cachées) offrant quelques bribes de narration environnementales (ou manuscrites via les notes et mots découverts), nous devons avouer que nous avons particulièrement apprécié nos petites victoires sur l'environnement très hostile du jeu. Dans le même temps, Cairn n'a pa toujours été tendre avec nous, et nous avons régulièrement laissé échapper quelques jurons et autres joyeusetés verbales. Certaines voies indiquées comme plutôt faciles nous ont parfois semblé un peu mensongères, la faute à un manque de prises et à des surfaces trop lisses pour progresser sereinement, mais puisque le jeu offre une certaine liberté pour choisir son chemin, on peut progresser en choisissant de se mettre au défi ou non. Tout n'est pas toujours simple cependant, et on vous conseille de ne pas hésiter à utiliser vos pitons régulièrement (et à réussir le QTE par la même occasion), mais de ce que nous avons pu en voir, le voyage semble en valoir la peine. La mécanique de déplacement en escalade est plutôt bien vue, même si l'on échappe pas à quelques contorsions étranges du personnage principal, mais la navigation à pied est parfois un peu maladroite à cause du terrain accidenté sur lequel on évolue. Rien de véritablement gênant au bout du compte, d'autant que l'essentiel des déplacements se passent à flanc de montagne. En revanche, précisons tout de même qu'Aava marche très lentement, et s'il est possible de la faire avancer un peu plus vite en maintenant une touche de la manette, on vous le déconseille fortement puisque cette action fait diminuer sa barre de vie (et on ne comprend absolument pas pourquoi).
Côté artistique, le jeu arbore un style bande dessinée et des graphismes qui donnent lieu à des panoramas assez éblouissants, et la musique, même si elle n'est pas omniprésente, participe grandement à l'ambiance très particulière (et fortement réussie) du titre. Comme dans MIO, le parti pris visuel ne plaira pas nécessairement à tout le monde, mais le fait est qu'il donne au titre une réelle personnalité. Mention spéciale aux ciels splendides, quelle que soit l'heure de la journée, ce que le mode Photo permet d'ailleurs d'immortaliser régulièrement. Sans en atteindre le niveau technique évidemment, le passage qui suit le prologue, au moment où le titre du jeu apparaît à l'écran, est aussi marquant que la première fois que l'on prend le contrôle de Sam dans Death Stranding 2, tout simplement. Dommage en revanche que la version PlayStation 5 Pro testée ne puisse pas garantir une fluidité sans faille à soixante images par seconde. Les performances ont beau sembler un peu meilleures que sur la version d'essai sortie il y a quelque temps, elles ne sont pas optimales à certains moments de la progression et c'est forcément regrettable dans un jeu de ce genre. Sur PC, le bilan s'avère bien plus favorable de ce côté, même si tout dépendra de votre configuration, des options choisies (il y en a assez peu, qualité de la roche, de l'environnement et de l'éclairage uniquement) et de la résolution dans laquelle vous y jouerez. Notez que si le DLSS, FSR ou XeSS n'apparaissent pas dans le menu du jeu, il est malgré tout possible de choisir le rendu de la résolution 3D du jeu, différente donc de celle dans laquelle il tourne nativement. Avec notre 2080 Ti, cela nous a permis de jouer en 4K tout en soulageant notre machine, sans pour autant devoir trop sacrifier la netteté de l'affichage.