Huit ans après le second épisode, Eden Games revient avec Gear.Club Unlimited 3, qui arrive en exclusivité sur Switch 2 cette semaine, mais qui aura droit à un portage sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S dans le courant de cette année. À deux jours de sa sortie officielle, voici donc notre avis sur le jeu, accompagné comme il se doit d'une vidéo de gameplay proposant de découvrir les deux modes graphiques en action.
Notre vidéo maison sur Switch 2
Verdict après plusieurs heures de jeu
Comme ses prédécesseurs, Gear.Club Unlimited 3 propose, soit de participer à un mode histoire où il vous faudra investir dans vos bolides (et les améliorer), soit d'opter pour le mode libre. Dans ce dernier, il est possible de se lancer dans l'un des différents modes de jeu (course, duel, contre-la-montre, sprint sur l'autoroute ou freeroam) sur tous les tracés disponibles (certains sont des étapes où l'on doit conduire d'un point A à un point B, mais la plupart prennent la forme de circuits fermés répartis entre la France et le Japon). Les vingt-neuf véhicules sont sélectionnables d'office dans ce mode si vous avez envie de goûter à des modèles plus véloces que ceux par lesquels on débute la campagne principale. Cette dernière inclut un semblant d'histoire narrée par le biais de personnages en images fixes et de textes à l'écran (sans aucun doublage), ce qui sert de prétexte pour faire évoluer le joueur dans une carrière sans éclat. On débloque petit à petit des ateliers de modifications pour son panel de voitures, on se lance dans des épreuves obligatoires ou des événements secondaires, tout cela permettant d'engranger argent et divers points et bonus nécessaires à l'obtention de nouvelles améliorations. Après une introduction située dans le sud de la France, on s'envole rapidement pour le Japon, où l'on va devoir enchaîner les courses (y compris la nuit sur le périphérique pour les amateurs de Tokyo Battle) avant d'être invité à rejoindre de nouveau notre beau pays pour la suite de l'aventure (et des passages sur l'autoroute du sud évidemment). Rien de véritablement excitant hélas, la faute à une intelligence artificielle peu combative dans ce mode, au point qu'elle vous attendra régulièrement pour vous permettre de remporter la victoire. Ni totalement arcade, ni vraiment simulation, la conduite de Gear.Club Unlimited 3 ne nous a pas plus enthousiasmés que cela, ce malgré des tracés plutôt sympathiques dans l'ensemble. Nous aurions apprécié que le jeu soit plus tourné vers les dérapages et assume un héritage moins réaliste, mais nous avons peut-être manqué de doigté pour enchaîner les drifts dans les lacets japonais. L'absence de gâchettes analogiques sur Switch 2 est, selon nous, une erreur de Nintendo pour accueillir ce genre de jeu, bien qu'il soit possible d'opter pour un mode de contrôle alternatif à l'ancienne, comme dans les Gran Turismo des débuts (comprendre que le stick droit peut faire office d'accélérateur et de frein). On aimerait d'ailleurs que les portages PC, PS5 et Xbox donnent l'occasion à Eden Games de rendre la conduite un peu plus subtile de ce côté, pour que l'on se sente plus maître de son véhicule, dans les courbes et les sorties de virage notamment.
Tout en restant une production modeste, ce troisième volet montre tout de même une réelle évolution d'un point de vue visuel par rapport aux précédents épisodes, même si, il faut le dire, le résultat obtenu sur Switch 2 reste loin de ce que l'on est en droit d'attendre d'un jeu de ce genre en 2026 (y compris sur la machine de Nintendo). Si les différentes voitures sont modélisées avec soin, cockpits y compris, et que les décors proposent de bien jolis panoramas avec des effets de lumière qui se veulent soignés, difficile de ne pas noter les problèmes liés à l'affichage, avec un rendu assez flou dû à des résolutions plutôt basses dans les deux modes graphiques (particulièrement quand on favorise les performances), du pop-up et des artefacts disgracieux que l'on suppose liés à la méthode de reconstruction d'image utilisée pour soulager le moteur. Le mode Qualité a beau s'en sortir un peu mieux graphiquement, il n'en reste pas moins touché par les mêmes soucis, et comme le nombre d'image par seconde n'est pas toujours optimal à 30 fps, on ne peut décemment pas vous le recommander. D'autant que la jouabilité s'avère bien moins précise quand on perd le bénéfice des 60 images par seconde, qui se maintiennent bien en mode docké comme en mode portable à priori. Les musiques sont quant à elles très génériques, au point que nous avons fini par les désactiver après quelques heures, et on regrette également que les sons de moteur soient aussi peu convaincants pour la plupart quand on les compare à la concurrence. Tout ceci étant dit, Gear.Club Unlimited 3 reste malgré tout un titre un minimum sympathique pour celles et ceux qui ne sont pas trop coutumiers du genre, et qui sont donc par conséquent moins exigeants que nous pouvons l'être. On en espérait plus cependant, le marché ayant depuis longtemps abandonné l'idée de proposer des expériences de conduite plus arcade sans y implémenter de monde ouvert. On n'aurait pas dit non à un successeur spirituel à DriveClub par exemple, qui proposait lui aussi des tracés dans des décors naturels sans essayer de singer les jeux de course en open world qu'étaient The Crew, Forza Horizon ou même Need for Speed. Bien sûr, Eden Games ne dispose pas des mêmes moyens qu'Evolution à l'époque, et encore une fois, ce troisième opus de Gear.Club affiche un visuel plus ambitieux que par le passé. Malgré tout, pour 49.99€, on était en droit d'en attendre bien plus en termes de sensation de conduite et de réalisation globale. On reste néanmoins curieux de découvrir ce que donnera le jeu sur des machines plus costaudes...
- Les plus
- C'est plutôt joli...
- Fluide en mode Performance...
- Des tracés sympathiques
- La France et le Japon
- Les moins
- ... mais l'affichage est à la peine
- ... mais que c'est flou et peu détaillé
- Conduite qui manque de sensations
- Partie sonore oubliable