Microsoft continue d'élargir ses horizons en proposant un nouveau portage d'un jeu déjà sorti sur Xbox Series et PC : South of Midnight. Disponible dès aujourd'hui sur PlayStation 5 et Switch 2, voici une vidéo 4K capturée sur la console Nintendo ainsi que notre avis sur le jeu de Compulsion Games.
South of Midnight nous transporte dans une version réimaginée et sombre du Sud profond des États-Unis, où les légendes et le folklore du coin prennent vie. Au cœur de cette atmosphère mystique, nous suivons l'histoire d'Hazel, une jeune femme dotée de pouvoirs surnaturels. Lorsque sa ville natale est ravagée par un désastre surnaturel et que sa mère se retrouve emportée par un torrent d'eau, la jeune femme se lance à sa poursuite et va vite devoir affronter les créatures mythiques qui menacent son monde. Ces monstres, connus sous le nom de "Haints", sont issus des légendes locales et du folklore du Sud, ajoutant une dimension unique et envoûtante à l'atmosphère très particulière du jeu. Au cours de son périple, Hazel devra maîtriser de nouveaux pouvoirs pour combattre ces créatures, mais elle sera également confrontée à son passé qui la hante et la pousse à chercher des réponses. Comme vous pouvez le voir, le scénario de South of Midnight est profondément ancré dans le folklore du Sud des États-Unis, avec des références à des créatures et des légendes locales. C’est un univers assez peu utilisé et qui parvient à éveiller notre curiosité sans aucun problème, et même à nous surprendre par des récits mélancoliques, et même parfois assez tristes.
Pour améliorer encore l'immersion, on remarquera très vite le soin accordé à l'ambiance musicale, avec ses influences blues et ses instruments traditionnels. Certaines compositions de notre Olivier Derivière national sont vraiment excellentes et viennent se greffer à des moments très particuliers de votre voyage, et nous avons encore quelques mélodies en tête même après avoir posé la manette. Pour ne rien gâcher, le jeu est intégralement traduit en français, que cela soit au niveau des textes mais aussi du doublage. Les performances des différents acteurs sont d’ailleurs tout à fait satisfaisantes, et on apprécie de voir que les productions Microsoft bénéficient désormais d’un soin tout particulier sur cet aspect, ce qui n’a malheureusement pas toujours été le cas ces dernières années. Enfin, cette fameuse atmosphère est parfaitement retranscrite à l’écran via des graphismes de bonne qualité, mais surtout une direction artistique affirmée qui ne laisse rien au hasard. Que l’on parle des décors, du design des personnages ou des différentes créatures que l’on rencontrera, le résultat est parfaitement cohérent et vraiment plaisant à regarder.
L'expérience South of Midnight se présente comme un jeu à la troisième personne classique qui enchaîne les phases d’exploration, de narration et de combat. Dans les phases d’exploration, vous allez traverser tout un tas de décors assez dépaysants et parfois plutôt sombres. Au niveau de la narration, on pourra voir quelques scènes cinématiques assez engageantes et bien jouées dans l'ensemble, le tout étant très bien doublé comme nous vous le disions un peu plus haut. Enfin, les séquences de combat représenteront une part non négligeable de votre temps de jeu et vont vous demander plus ou moins d’habilité selon le niveau de difficulté que vous allez choisir. Ce ne sont pas moins de quatre modes de difficulté plus un mode “custom” qui seront disponibles, et vous pourrez donc paramétrer votre expérience de jeu comme vous le souhaitez. Cependant, même si vous allez apprendre quelques compétences au fur et à mesure de l’aventure, ces phases de combat vont obligatoirement finir par devenir un peu répétitives à la longue. Les confrontations se basant généralement sur le même concept, à savoir une arène où apparaissent différents ennemis que vous devrez “dénouer” via vos pouvoirs, la redondance s’installe. Les combats de boss sont un peu plus nerveux, mais là encore, cela manque généralement un peu de folie pour vraiment nous donner envie de nous agripper au pad. C’est vraiment dommage car en dehors de cela, le jeu est vraiment très accueillant et on a réellement envie d’en découvrir plus. South of Midnight a cependant la bonne idée de ne pas trop rallonger l’expérience, puisqu’il nous a fallu une grosse douzaine d’heures pour en voir le bout.
Depuis sa première présentation, l'une des particularités de South of Midnight sur le plan visuel était ses animations en Stop Motion, qui permettaient encore une fois de démarquer le jeu par rapport au reste de la production actuelle. Certains adorent, d’autres détestent, il est donc important pour nous d’ajouter une petite précision sur ce sujet : le Stop Motion peut être désactivé pour le gameplay, mais pas pour les cinématiques. De notre côté, nous trouvons l’expérience de jeu un peu plus agréable en le désactivant, car nous éprouvions un petit effet dérangeant lorsque nous déplacions Hazel, mais aussi et surtout durant les combats : en effet, cela amenait une sorte de distraction un peu étrange, sans que cela rende le jeu injouable bien entendu, mais c’est peut-être aussi une question de persévérance et d’habitude. Si nous avions un peu poussé plus loin l’expérience, nous aurions sans doute réussi à nous y faire, un peu comme lorsque l’on passe de 30 à 60 FPS dans un jeu, mais puisque l’option est disponible nous en avons profité. Sachez tout de même que durant les cinématiques, le Stop Motion ne nous a évidemment posé aucun problème.
La DA fait donc un excellent travail pour nous délivrer des visuels très agréables, et même si le jeu n’a pas l’ambition d’être un poids lourd sur le plan technique, on apprécie tout de même le rendu global plus qu’acceptable. La version PC permet évidemment de modifier l’affichage selon votre configuration, avec la présence des habituelles options comme la qualité des textures ou des ombres, mais aussi du DLAA et du DLSS si vous possédez une carte graphique Nvidia. Nous n’avons pas remarqué de problèmes particuliers ni même de stutters avec notre configuration musclée (Ryzen 9800X3D & RTX 4090), mais encore une fois, la vérité d’une configuration ne sera pas forcément la même pour une autre. Nous avons également lancé la version Xbox Series X et s’il n’y a pour une fois pas de mode d’affichage qualité ou performance comme dans de nombreuses productions actuelles, on voit que les développeurs on atteint un niveau de rendu très satisfaisant, avec un jeu qui semble tourner à 60 FPS sans problème.
Concernant cette version Nintendo Switch 2, du contenu supplémentaire est présent dans cette nouvelle "Weaver's Edition" : un artbook South of Midnight, la bande originale composée par Olivier Deriviere on le rappelle, une bande dessinée The Boo-Hag par Rob Guillory, une vidéo musicale intitulée Songs & Tales of South of Midnight et un documentaire en version longue : Weaving Hazel's Journey. Pas d'ajout spécifique au jeu donc, mais le tarif demandé de 39,99 € nous semble tout à fait correct pour un portage d'un jeu sorti il y a un an seulement. Sur le plan technique, le rendu est plutôt convaincant avec des graphismes qui, même s'ils perdent un peu en finesse par rapport à la version Xbox Series X ou PC, sont tout de même très jolis que cela soit en mode portable ou docké. Niveau framerate, nous sommes évidemment limités ici à du 30 FPS mais cela n'est pas vraiment gênant, surtout si vous avez activé le Stop Motion. En revanche et c'est plus fâcheux, des baisses de framerate assez franches peuvent parfois se faire sentir notamment durant les cinématiques. Cela n'enlève rien aux qualités du jeu, mais on espère tout de même qu'un patch sera disponible rapidement pour corriger ce souci.