GSY Review PS5 Xbox Series X PC

Nouvelle review sur Gamersyde avec cette fois Valor Mortis, le nouveau jeu des créateurs de l’exigeante série Ghostrunner. Après avoir terminé l’aventure en trente heures environ, l'heure du verdict a sonné pour cette uchronie fantastique qui réécrit l'Histoire de France à sa manière.

Que la Corse soit avec vous

Que One More Level se soit intéressé au genre Soulslike ne devrait surprendre personne pour qui connaît un minimum leurs précédentes productions. Quelque part, on peut même dire qu'il s'agit d'une suite logique à leur proposition initiale, avec en lien de parenté immédiat, le choix de proposer de nouveau une expérience à la première personne plutôt qu'à la troisième. Ghostrunner avait à cœur de proposer une expérience aussi viscérale qu’exigeante où la moindre erreur se soldait par la mort (un seul coup adverse pouvant tuer le personnage principal), ce qui obligeait à maîtriser une chorégraphie bien précise pour chaque situation de jeu, tout en gardant la liberté de les approcher comme on le souhaitait. Si vous avez eu l'occasion d’essayer la version d’essai de Valor Mortis il y a quelques mois, vous avez pu constater à quel point tout l'héritage des jeux From Software avait été parfaitement retranscrit dans un jeu à la première personne, et donc, que le studio polonais semblait se diriger vers une difficulté potentiellement rebutante. On imagine que les retours des joueurs ont été riches en enseignement depuis, la version finale ayant clairement fait l’objet de nombreux équilibrages pour compenser les contraintes qui allaient obligatoirement s’ajouter pour le joueur suite au choix de lui imposer la vue subjective. En résulte un titre qui ne s’appuie pas sur le grind forcé ou sur l’obligation de faire preuve d'une indéfectible patience en s’acharnant sur un boss pendant des heures sans rechigner. Valor Mortis n’est certes pas un jeu facile, mais il est aussi loin d'être aussi difficile que ce que la démo laissait présager. En fait, la progression reste toujours très fluide, sans pic de difficulté démesuré pouvant potentiellement décourager les joueurs les plus stressés par le challenge. Pour tout vous dire, il ne nous a jamais fallu plus de deux ou trois essais pour vaincre chacun des boss, quatre tout au plus quand nous n'étions pas au meilleur de notre forme ou que nous avions perdu les bons réflexes acquis précédemment. Bien sûr, si vous faites partie de cette caste de joueurs qui ne jurent que par l'extrême difficulté, vous ne trouverez peut-être pas votre compte ici, mais très sincèrement, nous avons trouvé que le jeu proposait l'équilibre parfait pour nous tenir engagés dans l’expérience du début à la fin. Un titre trop facile court souvent le risque de lasser le joueur et ce n’est clairement pas le cas ici. La marge de progression existe, il est nécessaire de comprendre les attaques ennemies pour éviter les dégâts, mais dans le même temps, il est parfaitement possible de le faire correctement dès la première rencontre avec eux. Dans un cadre narratif et historique assez similaire, Valor Mortis est, par exemple, plus exigeant que Steelrising, mais il ne tombe jamais dans le piège du sadomasochisme, le studio espérant bien que tout le monde pourra en voir le bout. Une excellente chose selon nous, car cela n'empêche pas l’aventure d'être suffisamment riche et longue pour amortir l’investissement (de temps et d’argent).

Ceci étant clarifié, laissez-nous vous raconter en quelques lignes ce que vous pouvez attendre en termes d'intrigue. Dans Valor Mortis, on incarne William Dowsett, un soldat des troupes napoléoniennes tombé au combat, qui a la surprise de se réveiller au beau milieu d’un amoncellement de cadavres. On comprend rapidement que le héros revient d’entre les morts et que sa résurrection est liée au fléau qui semble affecter l’Europe toute entière. Sans vous en dévoiler trop, ce mal mystérieux provient d’une substance appelée la Nephtoglobine, que les gens assimilent à une maladie contagieuse similaire à la peste, à ceci près que celles et ceux qui en sont touchés peuvent, s’ils n’en meurent pas, se transformer en créatures assoiffées de sang. Il y a clairement un soupçon de Resident Evil 4 dans Valor Mortis, dans ce que l’environnement nous raconte quand on arrive dans un village infesté d'habitants infectés, et cette ambiance de survival horror, on la retrouve régulièrement tout au long de l’aventure, avec des passages aussi marquants visuellement que par l'ambiance qu'ils dégagent. Contexte de guerre oblige, on traverse également des champs de bataille dévastés, des villes en proie au chaos, mais William va également croiser le chemin de quelques survivants, dont il pourra se méfier ou à qui il pourra faire confiance, sans que cela n’ait cependant d’incidence sur le dénouement unique du scénario du jeu. Notre héros d’infortune est aussi touché par une étrange capacité depuis son réveil puisqu’il entend régulièrement dans sa tête les voix de Napoléon, interprété par Vincent Cassel, et d’un autre personnage clef, la Grierche, et peut aussi assister à des scènes du passé grâce la rémanence de certains souvenirs. Pratique à une époque où le téléphone portable n'avait pas encore été inventé et où les audiologs auraient, eux aussi, tenu de l'anachronisme. Reste que la relecture historique de One More Level verse inévitablement dans le fantastique pur et dur, et c'est une excellente idée tant la combinaison de ce genre avec la toile de fond réaliste choisie confère au jeu une ambiance unique et particulière. Si une certaine part d’interprétation est laissée au joueur une fois le jeu terminé, l’intrigue se veut beaucoup moins nébuleuse que dans une grande partie des jeux du genre, et ce n'est pas pour nous déplaire. Attention cependant, le dénouement de l’aventure n’est pas aussi conclusif que ce que nous espérions, la faute peut-être au DLC conséquent d’ores et déjà prévu (et inclus dans l’édition Deluxe) par le studio. Si certains grinceront peut-être un peu des dents en l'apprenant, le jeu offre suffisamment de contenu à son lancement pour vous occuper un bon moment, avec notamment un bon nombre de missions secondaires qui étoffent le lore et sont généralement intéressantes à suivre d’un point de vue narratif. Pour les plus anciens, on vous rassure, vous n’allez pas non plus revivre le traumatisme de la fin tronquée du tout premier Soul Reaver qui, elle, en avait frustré plus d’un (à raison). À celles et ceux qui y verraient malgré tout une raison de se plaindre, on leur rappelle que l'édition de base du jeu sera vendue 39,99€ seulement.

Pelote de haine

Ce détail mis à part, notre expérience sur Valor Mortis s’est avérée particulièrement satisfaisante. Comme nous l’évoquions en début d’article, le jeu reprend une bonne partie des codes du Soulslike pour les retranscrire dans un gameplay pensé pour la vue subjective et l’expérience acquise par One More Level avec Ghostrunner se fait ici pleinement sentir. On retrouve d’ailleurs ici un aspect plateforme qui n’est pas sans rappeler leurs précédents titres, et qui vient compléter efficacement l’habile mélange entre l’héritage From Software et l’ADN du studio. Ainsi, William gagnera des capacités de parkour au fur et à mesure de l'aventure, comme la possibilité de courir sur certains murs ou d’utiliser un grappin, mais dès le départ, il pourra sauter de plateforme en plateforme et s'agripper à des branches d'arbre pour s’y balancer et rejoindre la terre ferme un peu plus loin. Cela ajoute une certaine verticalité bienvenue au level design, et au passage, un peu de variété dans la proposition globale. La bonne nouvelle, c’est que les déplacements ne sont jamais entravés par le choix de la première personne et on sent bien ici que One More Level maîtrise son sujet. Il y a bien quelques potentiels petits couacs une fois que l’on récupère le pouvoir de faire apparaître certaines plateformes au cours d’une manoeuvre acrobatique, le jeu demandant de déplacer le regard du personnage au cours d’un saut pour que le jeu affiche la touche d'interaction à l'écran, qui permet de faire apparaître la zone d’atterrissage (ou la barre de balancement). Malheureusement, à moins de posséder une manette avec des palettes paramétrables, aucune des configurations proposées ne permet de jouer avec le bouton d'interaction placé sur les touches de tranche. Pour le reste, l’expérience repose sur les combats et l’exploration, et pour l’un comme pour l’autre, le plaisir est au rendez-vous. Comme nous sommes ici dans un jeu d’inspiration Souls, la progression est régulièrement ponctuée de pauses aux lanternes (les feux de camp de Valor Mortis) pour permettre au héros de récupérer toute sa santé et ses fioles de soin. C’est également à ces lanternes qu’il pourra dépenser ses catalyseurs (les équivalents des âmes/runes) dans l’amélioration de ses capacités. L’arbre de compétences laisse un certain éventail de choix parmi celles que l’on souhaite améliorer, mais la montée en expérience permettra à William d’en débloquer de nouvelles au fur et à mesure. Il est également possible d’équiper des Ambres (que l’on peut trouver pendant l’exploration) pour donner certains avantages au héros, comme une fenêtre de parade plus large par exemple, ou encore l’accélération de la prise de soin sans pouvoir être interrompu par une attaque adverse. Le système permet d’affiner la création de son personnage pour le modeler à sa convenance en fonction de son style de jeu et, comme pour les compétences, on débloquera de nouveaux slots d’inventaire pour les équiper en gagnant en niveaux. Au total, il sera possible d’en choisir cinq, sachant bien sûr que vous pourrez en changer autant que vous le désirez à chaque fois que vous ferez halte à une lanterne.

Les combats donnent évidemment une grande importance à la gestion de l’endurance et de la barre de posture de l’adversaire, et sans la moindre surprise, ils s’appuient sur l'utilisation intelligente de la garde - qui n'empêche pas de subir des dégâts mais emprunte au système de récupération de vie de Bloodborne (ce qui oblige à attaquer juste après avoir bloqué un coup) -, les parades parfaites et l’esquive. Assez logiquement, tout le système de combat tourne autour de la nécessité de bien connaître les timings d’attaque des ennemis, et donc de l'importance de bien observer leur comportement. Compte tenu de la taille du studio et du budget auquel il a probablement eu droit, le bestiaire est raisonnablement varié pour donner l’impression de renouvellement pendant une bonne partie de l’aventure et il prépare le joueur aux affrontements contre les boss en le forçant à maîtriser toutes ses possibilités défensives. Pour les créatures les plus fragiles, une simple parade parfaite suffit à les mettre en position de faiblesse et à déclencher une mise à mort aussi brutale que radicale, et cela procure à chaque fois une énorme satisfaction grâce un excellent feedback (visuel et sonore). William dispose d’armes blanches, trois au total (sabre, rapière et claymore), de trois armes à feu (pistolet, tromblon et mousquet), mais également de trois pouvoirs magiques (transmutation de feu, de stase et de bouclier). Bien sûr, on ne débute pas l’aventure avec tout cet arsenal et il faudra donc un peu de patience avant de tout récupérer. Cela confère d’ailleurs au jeu un petit aspect Metroidvania, certains pouvoirs ou compétences permettant au héros d’accéder à de nouvelles zones, soit pour y trouver des récompenses intéressantes, soit pour poursuivre sa progression dans la campagne principale. Les armes et les pouvoirs peuvent être améliorés plusieurs fois à condition de trouver les ressources nécessaires, d’où l’intérêt de bien fouiller son environnement. Pour utiliser ses pouvoirs magiques, William aura besoin de puiser dans sa réserve de Nephtoglobine, que le joueur pourra augmenter via l’arbre de compétences, tout en améliorant son efficacité s’il le souhaite, des fioles spécifiques permettant de remplir de nouveau sa jauge une fois vide. En visant certaines protubérances rouges sur les ennemis, on peut également régénérer sa réserve de Nephtoglobine en récoltant des résidus de ladite substance, qui se matérialisent sous la forme de grosses boules roses, tout cela en occasionnant des dégâts majeurs à l'adversaire au passage. Malgré le choix de la vue subjective, nous avons trouvé la gestion des esquives et des parades très naturelles, et même face à plusieurs ennemis, nous n’avons jamais trouvé les affrontements confus ou illisibles. Le bon équilibre de la difficulté y est sans doute pour beaucoup. Certains pourront peut-être reprocher une légère rigidité à l’ensemble, dans les déplacements notamment, mais très honnêtement, One More Level a fourni un excellent travail pour ne pas rendre l’expérience confuse ou frustrante. Les boss en sont d’ailleurs le parfait exemple, avec des styles suffisamment variés pour éviter tout sentiment de redondance, et comme nous le disions déjà précédemment, une gestion du challenge parfaitement calibrée. La plupart ont beau posséder deux barres de vie et une indéniable agressivité à l'égard de William, il n’est jamais décourageant de devoir apprendre de ses erreurs, la victoire n’étant finalement jamais très longue à venir. Certains boss proposent même une bonne dose d’originalité, obligeant par exemple pour l’un d’entre eux, à se lancer dans des phases de plateforme régulièrement au cours de l’affrontement. Nous n’en dirons pas plus pour vous laisser un maximum de surprises, mais sachez que, de notre côté, le plaisir de jeu n’a jamais faibli pendant toute la durée de l’aventure. Nous avons vraiment adoré explorer les moindres recoins de ce monde dévasté et nous mesurer à toutes les créatures belliqueuses qui le peuplaient.

Verdict


Malgré quelques problèmes techniques sur la version PC testée, notamment un stuttering trop fréquent pour que l’on finisse par l’oublier (plus marqué en 4K qu’en 1440p sur notre RTX 5080), Valor Mortis fait indéniablement partie de la désormais longue liste des excellents titres de cette fin d’année 2026. L’aventure est suffisamment longue et intéressante, le gameplay très accrocheur grâce à un bon équilibrage de la difficulté et de bonnes sensations pendant les combats ou les phases de plateforme. One More Level confirme donc son savoir-faire avec ce nouveau titre, et on espère très sincèrement qu’ils vont continuer d’explorer le genre Soulslike pour nous surprendre avec de nouveaux univers à l’avenir. Nous restons également curieux de découvrir le DLC narratif majeur prévu pour 2027, d’autant que le studio va très certainement pouvoir implémenter tout ce qui manque encore au jeu pour aider les joueurs à patienter sur le jeu principal en attendant ce futur contenu. Il serait en effet sympathique de pouvoir relancer une nouvelle partie sans devoir effacer celle qui est en cours, en proposant plusieurs emplacements de sauvegarde à choisir au tout départ comme ce que proposent toujours les jeux de From Software. De même, compte tenu des trois dernières améliorations proposées dans l’arbre de compétences, qui peuvent être renforcées à l’infini, l’implémentation d’un New Game + aurait beaucoup de sens. Le jeu a beau ne proposer qu’une seule fin, certaines missions secondaires ne peuvent plus être terminées une fois le boss final vaincu, et doivent donc être résolues avant de l’affronter, ce qui pourrait donner envie de relancer une nouvelle partie. Ce ne sont que de petits détails très faciles à occulter évidemment, et on imagine que la plus grande urgence va être de s’assurer que l’expérience soit la plus fluide possible quelle que soit la plateforme sur laquelle les joueurs se trouveront. Nos échanges avec le studio pendant la période de review nous laissent totalement confiants en sa capacité à dompter l’Unreal Engine 5, on leur souhaite donc le meilleur pour la suite. En attendant, Valor Mortis est clairement un titre de grande qualité qui mérite largement que l’on s’y intéresse quand on est friand du genre Soulslike.
  • Les plus
  • L’univers et l’ambiance
  • Les combats et l’exploration
  • Régulièrement magnifique
  • La direction artistique
  • Bons doublages en anglais
  • Bon dosage de la difficulté
  • Ghostrunner + RE4 + Dark Souls + BioShock
  • Bonne durée de vie
  • Les moins
  • Des problèmes de stuttering sur notre config
  • Un seul slot de sauvegarde
  • Pas de New Game +
  • Une fin un peu abrupte

Vidéo environnements (aussi disponible en téléchargement)

A propos du jeu
Plateformes
PC XBSX PS5
Edité par
Lyrical Games
Developpé par
One More Level
Patreon

135 $ de 400 $ par mois

Quoi de neuf ?
  • MadDemon

    MadDemon @GTB: un tour sur ps5 et boom les ventes vont exploser 🤑 (il y a 22 Heures)

  • face2papalocust

    face2papalocust Moi Je suis bien content que ça soit uniquement game pass le multi c'est une sacré purge on va faire la campagne et hop corbeille. (il y a 1 Jour)

  • Blackninja

    Blackninja @Soda: pareil ce sera pour le prochain (il y a 1 Jour)

  • Soda

    Soda @GTB: Je fais parti des joueurs GPU. Clairement, si le jeu n'avait pas été intégré, je l'aurai acheté. (il y a 2 Jours)

  • GTB

    GTB Ca se passe pas très bien niveau ventes pour Gears E-day, selon les 1ères analyses. Une estimation à 230.000 ventes sur PC/Xbox pour sa 1ere semaine. Le Gamepass cannibalisant pas mal (1.7 millions) (il y a 2 Jours)

  • CraCra

    CraCra @GTB: Effectivement bonne nouvelle, il aura plus de visibilité et u peu plus de temps pour paufiner (il y a 3 Jours)

  • GTB

    GTB Kena 2 repoussé à 2027. Un peu triste, mais c'est pas plus mal d'éviter l'embouteillage. (il y a 3 Jours)

  • Driftwood

    Driftwood Il est de nouveau possible de télécharger les vidéos sur le site. Désolé pour le mois et demi de panne. (il y a > 3 Mois)

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    Driftwood Retrouvez notre review de Rift Apart dès 16h00 aujourd'hui, mais en attendant Guilty Gear -Strive- est en vedette en home ! (il y a > 3 Mois)

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