GSY Review PS5 Xbox Series X PC

La sortie de 007 First Light cette semaine est un petit événement pour toutes les raisons que nous évoquons dès le premier paragraphe de cette nouvelle critique maison, mais pour nous, c’est surtout l’énorme satisfaction d’avoir pu terminer l’aventure juste à temps pour partager avec vous nos impressions détaillées. Un véritable marathon que l'on ne regrette absolument pas, même s'il a été intense. Sans plus attendre donc, on vous invite à découvrir notre verdict sur le retour de James Bond en jeu vidéo, sachant que nous avons pris grand soin à ne quasiment rien dévoiler de ce qui vous attend.

Un sacré Bond en avant

En nous basant sur nos seuls souvenirs, le dernier jeu James Bond était celui basé sur le film Quantum of Solace, sorti sur PS3 et Xbox 360, et sans être catastrophique, il n'était pas franchement fameux. En faisant quelques recherches sur l’historique de la franchise, nous avons cependant réalisé que nous en avions oubliés quelques-uns : la relecture de Goldeneye sorti sur Wii en 2010 (avant d'être porté sur les consoles HD dans une version Reloaded un an plus tard), Blood Stone sur DS (toujours en 2010), et enfin, 007 Legends, sorti en 2012 sur cette même génération de machines, et dont le score Metacritic oscille entre 26% (PC) et 45% (Xbox 360). Bref, on comprend mieux pourquoi nous n’en avions pas gardé le moindre souvenir. Pas que les épisodes sortis au cours de la génération PS2 aient véritablement marqué les esprits non plus, même si nous avions investi dans un ou deux titres de l'ère Brosnan, des jeux “multi-séquences” développés par Electronic Arts. En fait, en dehors de l'iconique GoldenEye de la Nintendo 64 en 1997, on ne peut pas dire que les adaptations de l'univers de Ian Fleming en jeu vidéo aient donné d’excellents résultats. On suppose que les plus vieux gardent encore quelques bons souvenirs de “L’Espion qui m’aimait” sur micro-ordinateurs, mais au final, ce sont surtout les jeux s’inspirant de l’agent secret qui seront parvenus à tirer leur épingle du jeu. On pense notamment à l’impressionnant Sly Spy en arcade ou à Syphon Filter sur la première PlayStation. Une rétrospective qui permet de se rendre compte que plus personne n'attendait rien de James Bond sur consoles et PC, d’autant que, depuis le dernier film en date (“Mourir peut attendre”, en 2021), même le cinéma ne semble pas très pressé de faire revenir l’iconique héros britannique. Mais tout cela, c'était avant que les Danois d’IO Interactive n'annoncent qu'ils avaient acquis les droits de la franchise. Une surprise de taille pour la plupart, bien que la série Hitman ait toujours partagé un petit morceau d'ADN avec l’agent 007. Vingt-neuf ans après GoldenEye, quatorze après le catastrophique 007 Legends, First Light est enfin prêt à conquérir le cœur des joueurs, et après avoir dévoré l’aventure en dix-neuf heures pendant ces trois derniers jours, on vous le dit d’emblée, le pari est largement gagné. On va même oser aller bien plus loin en annonçant que First Light est sans aucun doute l’adaptation en jeu vidéo de l’univers de James Bond la plus fidèle qui soit jamais sortie, et que le jeu a non seulement les moyens de ravir les fans de longue date du personnage, mais également de séduire celles et ceux qui le connaissent assez peu. Au cinéma comme ailleurs, on a souvent eu droit à des “origin stories” peu pertinentes, mais ce n’est aucunement le cas ici. Découvrir comment le jeune James Bond a fini par obtenir son célèbre matricule est l’un des plaisirs de cette aventure, et grâce à une excellente galerie de personnages secondaires, il est tout bonnement impossible de ne pas se prendre au jeu.

Alors que beaucoup craignaient que ce nouveau jeu estampillé 007 ne soit qu’un simple reskin des mécaniques de la série Hitman, ce n’est heureusement pas le cas. En effet, même s’il est vrai que l’on en retrouve bien quelques-unes, dans les séquences qui voient James Bond évoluer au beau milieu d’impressionnantes foules de civils essentiellement, IO Interactive a fourni un impressionnant travail pour reconstituer l'univers de James Bond de manière crédible. De mémoire, on n’avait jamais vu un tel souci du détail, First Light se présentant clairement comme la mise en jeu la plus réussie des longs métrages de la série. Ainsi, on visite régulièrement le bureau de M, le grand laboratoire de Q, avec ses techniciens affairés à tester de nouveaux gadgets, et bien sûr, une jolie sélection de destinations exotiques qui seront autant de niveaux à découvrir pour permettre au joueur de mettre en pratique les différentes couches de gameplay proposées dans First Light. On a beau retrouver une petite partie de l'ambiance des Hitman, avec les briefings précédant chaque mission (auprès de Moneypenny), la mise en scène se veut bien plus ambitieuse, avec des scènes cinématiques et des séquences scriptées dignes d'un film d’action : séquence de combat à mains nues qui nous fait passer d’une pièce à une autre avant de se terminer sur un échafaudage qui finit par s'écrouler, traversée d’un avion cargo dont on contrôle l’assiette pour le faire tanguer et déstabiliser ses adversaires, chute libre à la manière de Nathan Drake ou Ethan Hunt, fuite dans les rues de Londres à bord d’un camion poubelle, et on ne se permet de citer que ce qui a déjà plus ou moins été montré. Au-delà de cet effort de présentation et de l’évidente maîtrise du rythme dans la structure même de l’aventure, ce qui surprend agréablement, c'est l’efficacité de tout ce qui touche aux phases d’action. Le système de combat à mains nues est, par exemple, extrêmement jouissif, et il donne clairement des sensations qui ne sont pas sans rappeler celles ressenties en tant que spectateur pendant les longs métrages mettant en scène 007, ou même ceux de la série Jason Bourne. Il existe différentes combinaisons, qui permettent d’utiliser les poings ou les pieds avec un seul et même bouton, on peut empoigner un adversaire pour le frapper ou le projeter sur un autre (ou par dessus un rebord - notre petit chouchou), d’attraper un objet du décor (symbolisé par une icône visible à l’image de la touche R2/RT) pour le lancer à la figure d’un ennemi, tout cela avec un environnement dynamique qui réagit aux contacts entre les personnages et les objets qui s’y trouvent, pour mieux recréer le chaos ambiant. Le feedback est excellent, les animations également, notamment lors des contres ou des esquives, et tout cela reste toujours très ludique. Cerise sur le gâteau, IO a eu l’excellente idée de nous laisser interrompre une attaque pour lancer une parade, ce qui fait que l’on garde toujours le contrôle total de ce qui se passe. Seule la caméra peut parfois venir légèrement contrarier le joueur, dans les décors plus exigus, quand on se retrouve assailli par plusieurs adversaires. Rien de bien méchant toutefois, le plaisir restant intact de bout en bout, d’autant que le passage du corps-à-corps à l’utilisation des armes à feu se veut totalement fluide et naturel.

Baston Martin

Soyons honnêtes, on craignait tous un peu que les phases de tir ne souffrent énormément de la comparaison avec les meilleurs TPS du marché, la série Hitman n’étant pas réputée pour sa maîtrise de cette approche, ce qui n’a rien de très surprenant pour des jeux d’infiltration. Excellente surprise, elles sont ici très riches en sensations, et grâce à un travail minutieux effectué sur la panoplie de mouvements et les animations, elles sont, de plus, savamment orchestrées. La visée est fluide et agréable, avec une aide par défaut qui donne l’impression d’être un véritable as de la gâchette, on ressent parfaitement les impacts grâce au sound design et aux vibrations de la manette (les fonctionnalités de la DualSense sont d’ailleurs aussi mises à profit dans la version PC), et du simple pistolet au fusil mitrailleur, en passant par l'inévitable fusil à pompe, le plaisir de jeu est absolument parfait. On dispose d’un ralenti bien pratique pour aligner encore plus facilement les tirs à la tête, il est possible de désarmer un adversaire puis de se précipiter sur lui pour le mettre hors d'état de nuire d’une prise de corps-à-corps bien placée, de viser sa jambe pour récupérer son arme au vol et l’achever avec ensuite, utiliser les éléments du décor (beaucoup de choses explosent, mais il est aussi possible de faire tomber des lustres sur ses adversaires), voire même lancer son arme à la tête d'un ennemi quand on tombe à court de munitions pour mieux le déstabiliser et prendre l’avantage avec ses poings (en récupérant son arme au passage). IO Interactive a même intégré une série d’entraînements virtuels accessibles via le menu d'accueil et qui permettent de mettre en pratique ce que l’on a appris (ou de se familiariser avec la panoplie de mouvements que l’on ne maîtrise pas encore bien) au corps-à-corps et avec les armes à feu. Certaines de ces Escalades et Opérations demandent même de réaliser un nombre d’actions précises pour les valider, sachant que l’on est à chaque fois chronométré et que l’on peut comparer son score avec les autres joueurs lorsque l’on joue connecté aux serveurs d’IO Interactive. Cet aspect communautaire emprunte évidemment à ce que le studio avait mis en place pour Hitman, et on suppose que du contenu supplémentaire viendra agrémenter cette partie du jeu pour inciter les gens à y revenir régulièrement. Une fois de plus, l’aspect ludique prime ici, avec des défis très sympathiques à réaliser sur les cartes que l’on a déjà traversées dans la campagne principale (encore une fois, à la manière de Hitman). James Bond ne se contente toutefois pas de faire parler le plomb et les poings, il sait aussi se montrer redoutable au volant de divers véhicules, ce que nous avaient déjà dévoilé les toutes premières vidéos officielles du jeu. On pilotera par exemple des bateaux, dans le chapitre qui voit Bond s'entraîner pour devenir un agent 00 notamment, mais aussi différentes sortes de camions, un 4x4 en plein désert, une vieille voiture de sport, une Jaguar, et vous pouvez aussi compter sur l’inévitable Aston Martin. Ces séquences ne sont toutefois pas toujours tournées vers l’action, et il s’agira parfois juste de conduire d’un point A à un point B tout en suivant une conversation entre Bond et son passager. C’est tout bête, mais cela ajoute grandement à l’immersion, et si nous n’aurions pas dit non à quelques passages scriptés supplémentaires au volant, IO Interactive nous a plutôt impressionnés par leur maîtrise du moteur physique (suspensions, objets destructibles, la conduite en elle-même, arcade mais très réussie en termes de sensations). Bien sûr, quand on est en pleine poursuite (ou fuite), tout reste très linéaire, et en dehors de la séquence en Slovaquie déjà dévoilée, le pilotage ne reste finalement que très secondaire, mais malgré tout, quel plaisir de pouvoir vivre ces moments d’anthologie !

First Light a donc parfaitement digéré tout ce que la série Uncharted faisait si bien, et c’est d’ailleurs ce qu’il faudra retenir de cette critique, le fait que l’on a affaire à un Triple-A grand spectacle qui nous a fait un bien fou après ce qui nous a semblé être un grand vide dans le genre. Même les phases de plateforme, fondamentalement pas si différentes dans l’approche de celles d’Aphelion, le jeu de DON’T NOD qui nous a tant déçus le mois dernier, sont agréables. Rien de très surprenant à cela quand on compare les budgets respectifs des deux jeux bien sûr, mais on pouvait aussi craindre de voir la célèbre rigidité de l’agent 47 faire son retour ici. Heureusement, on en est loin, et entre les animations plus naturelles, la mise en scène toujours soignée, et l’inclusion intelligente des vibrations haptiques pour permettre au joueur de faire corps avec le personnage principal, ces petits intermèdes sont toujours très réussis et ils montrent à quel point IO Interactive a pris soin de proposer un maximum de variété. L’infiltration s’appuie sur des principes similaires à ce que l’on connaît de Hitman ou Uncharted, à savoir qu’il s’agit d’une approche possible, mais jamais imposée. Il est possible de se débarrasser d’ennemis qui passent à notre portée sans nous avoir vu, mais en revanche, on ne peut dissimuler les corps dans un coffre ou une armoire (ils restent donc sur place et peuvent être repérés par les autres gardes). Vous ne pourrez pas non plus changer de tenue comme bon vous semble pour faciliter vos déplacements dans des zones interdites. Les passages qui nous demandent d’évoluer dans des zones très peuplées font irrémédiablement penser à la série fétiche des Danois, et ils n’ont d’ailleurs pas hésité à incorporer la mécanique des opportunités (des conversations que l’on peut surprendre et qui donnent des indices à suivre pour atteindre son objectif), que l’on peut tout à fait désactiver dans les options pour éviter d’être trop guidé. On vous encourage d’ailleurs à essayer de le faire, le jeu nous plaçant régulièrement sur leur chemin, ce qui nous pousse à penser qu’il n’est pas bien compliqué de s’en sortir sans les aides visuelles - qui indiquent qu’il s’agit là d’une conversation importante. Ces séquences sont toujours basées sur l’exploration et l’observation, mais elles s’éternisent moins que dans un Hitman, qui avait un rythme bien plus posé. Elles offrent cependant une respiration bienvenue entre les phases d’action ou de narration, et surtout, elles s'intègrent parfaitement à la philosophie de l’univers James Bond. On regrette juste un peu l’impression de pouvoir s’appuyer sur les mêmes subterfuges pour progresser (détourner l’attention d’un personnage pour lui faire les poches tranquillement), même si les solutions dépendront aussi des gadgets que vous aurez choisi d’emporter avec vous avant de partir en mission (encore une fois, comme dans Hitman). Il est toutefois sympathique de pouvoir utiliser le célèbre bagout du héros pour tenter un bluff face à des personnages suspicieux, à condition d’avoir gagné suffisamment de points d’instinct en réalisant quelques actions d’éclat au préalable. Tout n’est pas parfait, l’IA ennemie mettant, selon nous, bien trop de temps avant de réagir à notre présence quand on se retrouve à découvert (y compris quand on est juste devant son nez), ou même à nous tirer dessus pendant les combats (le game over peut malgré tout arriver vite parfois, soyez donc vigilants), mais très honnêtement, cela n’a en rien altéré le plaisir que nous avons pris à suivre cette aventure de longue haleine (pour le genre du moins).

We Will Rock Q

First Light n’est toutefois pas uniquement un excellent jeu très accrocheur, il est aussi particulièrement beau. Le moteur maison du studio (le Glacier Engine) est une fois de plus à l'œuvre, et si nous regrettons de n’avoir pas eu accès au path tracing sur PC (il doit arriver cet été, sans plus de précisions), nous n’en avons pas moins apprécié le rendu général. Ce dernier n’est pas sans rappeler celui des derniers Hitman dans certains niveaux, avec sa colorimétrie chatoyante qui les rapproche en termes de direction artistique, mais on sent bien que First Light franchit une nouvelle étape. Sans options de Ray Tracing pour le moment, on remarque bien quelques problèmes d’affichage liés à l’utilisation des Screen Space Reflections, mais les développeurs utilisent toujours aussi bien leur technique de simulation des miroirs (qui consiste “simplement” à créer une copie de la scène en la dupliquant dans un cadre donné) et cela fait toujours son petit effet. Pour le reste, le SSR fait largement son travail, et comme le moteur du studio danois est plutôt doué pour la gestion de la lumière (par le biais de la rastérisation), les différentes scènes proposent un éclairage convaincant qui ne devrait pas trop souffrir de la comparaison avec le path tracing (du moins si l’on se base sur la vidéo dévoilée par NVIDIA il y a environ deux mois). Le prologue, qui se déroule de nuit en Islande, permet de débuter l’aventure avec un rendu visuel assez différent (encore que Hitman 2 commençait lui aussi dans des conditions météorologiques similaires), un peu plus réaliste peut-être, mais ce premier contact permet surtout de se rendre compte des améliorations apportées aux animations du héros, qui s’avèrent bien plus souples et crédibles que celles de l’agent 47. Qu’il s’agisse de sa façon de se déplacer (en marchant ou en courant, ou pendant les phases d’escalade), de la manière avec laquelle il ramasse une arme d’un geste du pied comme il le ferait avec un simple ballon, ou des moments où il doit jouer des poings, James Bond profite de mouvements fluides et réalistes qui font plaisir à voir. Le contrôle du personnage nous a également semblé plus agréable que dans Hitman, plus naturel pour ainsi dire, et même sans atteindre le niveau des productions Naughty Dog, la modélisation des visages peut également compter sur les évolutions apportées au moteur 3D. On remarque bien la différence entre les personnages d’importance et les PNJ lambda, mais même dans les scènes de foule, nous n’avons pas été autant marqués par l’impression de croiser régulièrement des clones que par le passé. Les environnements ne sont pas en reste, malgré quelques traces de pop-in encore un peu trop visibles parfois, et les différentes destinations que l’on découvre sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre de la franchise. Il est juste dommage que, comme trop souvent, bien trop de lieux et de séquences spectaculaires aient été dévoilés dans les différentes vidéos officielles. Si vous vous en êtes tenus écartés, le plaisir de la découverte n’en sera que plus grand. On peut en tout cas vous assurer que nous en avons pris plein les mirettes à de nombreuses reprises, notamment lors d’un passage en voiture qui nous a rappelé l’arrivée à Damas du tout premier Assassin’s Creed. Rien que ça !

Mais tout ce soin apporté à l’aspect visuel n’aurait pas eu autant d’impact sans tout le travail fourni par les différents comédiens, qui nous gratifient tous de performances extrêmement convaincantes : Patrick Gibson (“The OA”), Lenny Jones (“The Walking Dead”, “Jericho”), Noémie Nakai (actrice franco-japonaise connue pour “Tokyo Vice”, la série de Michael Mann pour HBO Max), Kiera Lester (la série britannique “Maigret” de 2025), Priyanga Burford (apparue dans “Mourir peut attendre”), Alastair MacKenzie, Lenny Kravitz (que l’on ne présente plus en tant que chanteur, mais qui livre une très bonne prestation en Roi Pirate), Gemma Chan (“Les Éternels”, “Les Animaux Fantastiques”), Raquel Cipriano, Jessica Rhodes (qui doublait Sainte Trina dans le DLC d’Elden Ring), Chris O’Reilly (Thórgestr dans Hellblade II), Anthony Howell (Morgott et Magit, toujours dans Elden Ring) et Bart Edwards (la série The Witcher), un casting qui fait honneur à l’univers de l’agent 007 en lui donnant vie de bien belle manière. Et encore une fois, l’idée de l’origin story permet de découvrir le personnage sous un autre angle, plus jeune, moins endurci que la version campée par Daniel Craig par exemple. L’interprétation de Patrick Gibson est, à ce titre, assez fraîche, puisqu’il manie l'humour, le sarcasme et la provocation plus régulièrement que la plupart de ceux qui ont campé le personnage au cinéma (à l’exception peut-être de Roger Moore). Côté bande son, First Light est proposé en version originale sous-titrée entièrement dans notre langue, mais le jeu ne possède malheureusement aucun doublage en français. On rappelle que c’était déjà le cas des derniers jeux de la série Hitman, uniquement disponibles avec des voix anglaises, mais on espérait tout de même un petit effort de ce côté avec une telle licence. D'autant que les personnages discutent souvent entre eux pendant les phases de gameplay, notamment à bord de véhicules, et que cela sera probablement un peu gênant pour les non-anglophones. Du côté des bonnes nouvelles, qui dit James Bond dit également bande originale de qualité, et c’est évidemment le cas ici. Non seulement on retrouve un générique parfaitement dans l’esprit de ceux des longs métrages, mais il est chanté par Lana Del Rey, une invitée de marque qui prouve la volonté de s’adresser à tous les amateurs de musique et de cinéma, qu’ils soient joueurs ou non. Composée par David Arnold, à qui l’on doit les bandes originales de pas moins de cinq James Bond (“Demain ne meurt jamais”, “Le monde ne suffit pas”, “Meurs un autre jour”, “Casino Royale” et “Quantum of Solace”), la chanson respecte à la lettre l’héritage de la saga cinématographique. On doit le reste de la BO à un duo connu sous le nom de The Flight, Joe Henson et Alexis Smith ayant travaillé sur des projets aussi variés que deux Assassin’s Creed (Odyssey et Shadows) et les deux épisodes Horizon de Sony (en collaboration avec Joris de Man), et on retrouve assez logiquement le célèbre thème de l’agent 007, utilisé pendant les moments clefs (et le générique de fin). Enfin, terminons cette critique par une dernière parenthèse concernant l’implémentation réussie de la DualSense, sur PS5 comme sur PC, avec une bonne gestion des retours haptiques et une utilisation (assez discrète cependant) des gâchettes adaptatives, qui rendent les différentes scènes encore un peu plus immersives.

Verdict


En faisant la synthèse intelligente de leur travail passé et de ce que Naughty Dog avait réussi à créer dans le genre blockbuster du jeu vidéo, IO Interactive nous a donné le sourire du début à la fin de l’aventure. La réalisation n’égale peut-être pas encore ce dont est capable le studio californien (dont on attend cependant encore le premier vrai jeu sur cette génération de machines), mais selon nous, le savoir-faire des Danois leur permet de proposer des phases de combat encore plus satisfaisantes que ce que l’on pouvait trouver dans la série Uncharted (ou même The Last of Us, dans une approche radicalement différente ceci dit). Tout n'est pas parfait, l'IA est encore un peu trop attentiste à notre goût, et le jeu gère parfois les checkpoints de manière un peu étrange quand, alors que James trouve la mort en pleine fusillade sur l'aérodrome slovaque, le jeu nous fait reprendre juste après cette phase de tir pourtant échouée, au moment où il nous faut rattraper l'avion à pied, mais ces petits détails mis à part, c'est réellement une excellente synthèse de ce que le TPS grand spectacle peut offrir aujourd'hui. Certains lui reprocheront peut-être son grand classicisme, encore que certaines scènes sont parvenues à nous surprendre avec des passages assez uniques, et donc originaux, mais pour nous, James Bond possède là un jeu à la mesure de toute sa légende, car il n'oublie aucun élément de ce qui lui a permis de devenir un personnage culte. Aussi, inutile de vous dire qu'il nous tarde vraiment de découvrir la suite des aventures de ce fringuant James Bond, qui posent ici d'excellentes bases pour construire une série de jeux mémorables. Patrick Gibson et le reste du casting sont excellents, au point que l’on se dit qu’ils pourraient largement succéder à Daniel Craig et ses partenaires au cinéma, mais au-delà de cela, ce que l’on veut surtout retenir, c’est l’immense plaisir de jeu que nous avons ressenti pendant les dix-neufs heures qu’aura duré First Light. Comme dans n'importe lequel des longs métrages, le générique de fin se termine sur la promesse du retour du héros, et on espère bien que les ventes du jeu sauront faire honneur au travail d’IO Interactive, qui n’est clairement plus seulement le studio d’une seule licence majeure.
  • Les plus
  • Une aventure menée tambour battant
  • La plus fidèle adaptation des films James Bond
  • Mise en scène spectaculaire
  • Combats jouissifs
  • Réalisation de qualité
  • Un casting de personnages réussi
  • Bonne variété de situations
  • Classique, efficace, et imaginatif parfois
  • DualSense bien utilisée
  • L’improbable guest star nous a bien fait rire
  • Les moins
  • Pas de path tracing ou de RT à la sortie sur PC
  • Le temps de réactivité de l’IA
  • On aurait aimé plus de diversité d’approches
  • Pas de VF audio, c'est décevant
  • Attendre le prochain épisode

Notre vidéo de gameplay sur PC

A propos du jeu
Plateformes
PC XBSX PS5
Edité par
IO Interactive
Developpé par
IO Interactive
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