GSY Review PS5

On le savait, ce début du mois de Septembre allait être très chargé pour notre petite équipe de passionnés, et après Resonance: A Plague Tale Legacy et Onimusha: Way of the Sword, c’est au tour de Marvel’s Wolverine de passer à la moulinette critique de Gamersyde. Après autant d’articles élogieux pour toutes les grosses exclusivités Sony de ces dernières années, vous pourriez vous imaginer que le match est joué d’avance. On vous invite tout de même à prendre le temps de nous lire avant de tirer la moindre conclusion.

La Guerre des Gloutons

Sans être très surprenante, l’histoire de ce Wolverine a le mérite de se laisser suivre avec un certain plaisir, à condition de ne pas en attendre des retournements de situation trop inattendus. Le jeu ne retrace pas les origines du héros griffu, mais comme le personnage principal ne se souvient pas de son passé, il nous en donne quelques bribes au fur et à mesure de la progression. Point de X-Men, de Professeur Xavier ou de Cyclope à l’horizon non plus, Logan évoluant au sein de la Team X, une équipe de mutants composée de Dent de Sabre et Mystique, et dirigée par Nathaniel Essex, campé ici par Troy Baker, qui lui donne aussi bien sa voix que son visage. Les autres personnages sont d’ailleurs également modélisés à partir des acteurs et actrices qui les doublent, ce qui fait que les différents visages, bien que plutôt fidèles aux comics dans une certaine mesure, pourraient ne pas convenir à tout le monde. De notre côté, ce n’est clairement pas un point qui nous a dérangés, et on évite heureusement le syndrome du jeu Avengers et son casting trop banal. Si vous connaissez un temps soit peu l’univers des X-Men, il est certain que ces noms vous seront immédiatement familiers et que cela vous donnera une petite idée de la direction générale prise par l’intrigue. Pour les autres, sachez que Nathaniel Essex met les bouchées doubles pour retrouver les nombreux mutants pourchassés par Bolivar Trask, qui voit en eux une menace pour l’humanité. Dans le prologue, Wolverine fait son retour au sein de la Team X, qui semble lui en vouloir quelque peu du hiatus qu’il leur a imposé, car leur sauveur et mentor Essex s’est entre-temps fait capturer et se trouve aux mains du richissime et dangereux scientifique. Ce retour aux affaires sera évidemment de bien plus longue durée que Logan ne se l’imagine au départ, notamment suite à sa rencontre avec Red, alias Jean Grey, à laquelle il ne sera pas insensible. Les personnages sont plutôt bien écrits dans l’ensemble, mais ne vous attendez pas à la qualité narrative des deux The Last of Us. D’aucuns diront que ce n’est pas nécessairement ce que demandent les fans de Marvel, et peut-être auront-ils raison, mais on se demande tout de même si le parti pris concernant Logan sera du goût de tous. En effet, sans être de grands spécialistes du personnage (nos connaissances se limitent aux quelques histoires lues il y a bien longtemps dans les Strange et Special Strange de notre enfance, quand il s’appelait encore Serval, ou plus récemment, dans Wolverine : Les Origines, de Paul Jenkins et Kieron Gillen - publié en 2016 aux éditions Panini Comics), nous avons été surpris de trouver un héros bien plus assagi que dans nos souvenirs. Logan est certes torturé par un passé dont il ne se souvient pas, il craint le monstre qui est en lui au point de s’isoler des autres pour éviter de leur faire du mal, mais il montre rapidement son bon fond (et ses sentiments), comme s’il fallait que tous les types de joueurs puissent s’identifier rapidement à lui. Il lui reste bien quelques réflexes égoïstes pendant un temps, mais en dehors de ses quelques accès de colère, généralement liés à des phases de combat, il apparaît comme un homme plutôt doux et meurtri. Cela ne nous a pas dérangés outre mesure, mais encore une fois, nous ne sommes pas des fans invétérés du personnage, que nous n’avons même pas vraiment suivi au cinéma après les deux premier films X-Men de 2000 et 2003. Au final, si nous avions un seul regret à formuler concernant l’histoire, il s’agirait du gros manque de surprises dans l’intrigue, qui ose peut-être moins de choses que ce que les trois jeux Spider-Man ont pu faire par le passé.

J'ai des petits problèmes dans ma mutation...

Concernant le gameplay, Wolverine est exactement le jeu que l’on pouvait imaginer au départ, et pour le coup, le State of Play qui lui avait été consacré il y a quelques mois l’annonçait clairement, sans jamais mentir sur la marchandise. Le nouveau titre des développeurs de chez Insomniac Games ne suit donc pas les traces de Spider-Man, qui justifiait parfaitement son monde ouvert par l’importance d’un lieu aussi unique et iconique que New York City, et il propose donc assez logiquement une aventure très linéaire de bout en bout. Cette approche à l’ancienne ne nous dérange évidemment pas, et nous sommes même de ceux qui regrettent énormément la place prise par les jeux en open world ces dernières années. Fondamentalement, faire le choix d’un jeu linéaire, c’est aussi faire celui d’un game design pensé pour mieux maîtriser sa narration, sa mise en scène et son contenu. Cette façon de faire à maintes fois prouvé son efficacité dans les différents Uncharted et The Last of Us, nous n’allons donc pas épiloguer sur le sujet. Quand on y pense, il y a d’ailleurs quelque chose de totalement réjouissant à voir que Sony et PlayStation ont encore envie de soutenir ce genre de productions plus condensées. D’autant que la durée de vie de ce Wolverine est vraiment tout à fait correcte pour le genre. Il nous a en effet fallu environ dix-sept heures pour boucler l’aventure en ayant participé à tous les défis du passé (nous y reviendrons) et en dénichant une bonne partie des coffres et bouteilles de whisky cachés dans les différents niveaux (ce ne sont pas uniquement des collectibles, comme nous le verrons plus tard). Le jeu reprend la formule exacte des gros jeux AAA de l’éditeur, avec un accent sur les combats à griffes nues, mais également quelques petites incartades vers l’infiltration et la plateforme. Bien sûr, le titre s’appuie également sur un arbre de compétences à débloquer pour obtenir des variations d’attaques ou des coups spéciaux (à déclencher avec une combinaison de boutons, ils sont au nombre de six au total, sachant que quatre seulement peuvent être équipés), ainsi que sur un système supplémentaire centré sur les brins d’ADN du héros, qui permet de lui ajouter des bonus passifs, à la manière de certains gadgets des jeux Spider-Man. Sauvageon énervé oblige, Logan peut bondir sur ses adversaires, les lacérer de coups, les frapper du pied pour percer leurs défenses, les faire tomber d’une falaise (ou dans la lave), les empaler sur le décor, etc. En enchaînant les morts, Logan fait régulièrement monter sa jauge de rage, qui lui permet, une fois remplie suffisamment, de lancer des exécutions ultra violentes, ou même de se relever quand ses ennemis pensent l’avoir mis à terre pour de bon (il faudra cependant pour cela avoir atteint le Tier 2 du niveau de rage). Côté défensif, Logan a beau être théoriquement invincible, il a néanmoins besoin d’esquiver les attaques rouges, de contrer celles qui sont de couleur bleue ou jaune, et il est même capable de renvoyer certains projectiles à l’envoyeur une fois la compétence dédiée acquise. Ses griffes peuvent aussi être chauffées à blanc sur des barils enflammés pour les rendre incandescentes, et donc plus mortelles encore. La recette éprouvée est efficace, les combats sont nerveux, dynamiques, le feedback est bon, l’hémoglobine coule à flots, bref tous les ingrédients sont réunis pour rendre l’expérience aussi jouissive qu’inoubliable. Et pourtant, tout le monde ne sera pas de cet avis…

Avant de vous expliquer ce qui, à notre sens, ne fonctionne pas suffisamment bien dans Wolverine, laissez-nous tout de même vous rappeler une évidence : il ne s’agit que d’une opinion purement personnelle qui n’engage que nous et on ne doute pas que nombreux sont ceux qui passeront outre les quelques défauts que nous allons évoquer. Même sans être complètement acquis à tout l’univers Marvel, ou même au personnage de Wolverine, nous sommes toutefois parfaitement capables de faire la distinction entre un univers moyennement compatible avec nos goûts, et ce qu’il nous semble important de réussir pour que l’expérience proposée soit satisfaisante du début à la fin pour un large éventail de joueurs. Le problème majeur que nous avons eu avec Wolverine, c’est le sentiment de lassitude qui s’est bien trop vite installé à cause de certains choix, qui pourraient presque donner l'impression d'avoir été dictés par des contraintes de temps ou de budget. Cela semblerait bien surprenant pour un gros jeu triple-A édité par Sony, mais quand on le compare aux trois jeux Spider-Man du même studio, pourtant eux aussi pensés pour un large public, certains manques surprennent. Les combos, par exemple, font partie intégrante de l’ADN de bon nombre de beat ‘em ups, et depuis le tout premier God of War, Sony l’avait bien compris. Pourtant, il en existe très peu dans Wolverine (deux principaux essentiellement, avec un peu plus tard, la possibilité d’inclure un saut frappé vertical à la manière de Ken et Ryu dans Street Fighter), et s’il est bien possible de débloquer quelques possibilités offensives supplémentaires dans l’arbre de compétences, cela ne permet pas de varier véritablement la façon d’aborder les combats, qui tombent alors très vite dans une routine monotone. Les attaques spéciales (soumises à un cool-down) sont sans doute pensées pour compenser cela, et c'est en partie le cas d'ailleurs, mais quand on se rappelle de toutes les possibilités offertes par le système de combat de Spider-Man, c’est forcément un peu décevant. D’autant que les ennemis que l’on affronte ne proposent hélas pas plus de variété en termes de patterns, qu’il s’agisse des hommes de Trask (des soldats souvent équipés de membres cybernétiques), de La Main (des assassins furtifs en cagoule), ou des Sentinelles (les robots créés par Trask pour pister les mutants). De plus, tous s’appuient finalement sur les mêmes “classes” de personnages : adversaires équipés d’une arme au corps-à-corps, à distance ou d’un bouclier, tanks massifs plus ou moins gros (et généralement sacs à PV), vous voyez un peu l’idée. On a bien conscience que les jeux Spider-Man pouvaient aussi être critiqués sur ce point, mais au contraire de ces derniers, les ennemis de base, qui ne sont certes pas vraiment très inspirés visuellement et artistiquement, ne sont pas ici contrebalancés par toute une pelletée de super-vilains qui auraient pu donner lieu à des duels épiques réguliers. Il n’y a en effet que très peu de combats de boss sur toute la durée de l’aventure, sachant en plus que certains feront plusieurs apparitions. Autre potentiel défaut, ces affrontements durent un peu trop longtemps à notre goût, sans réelle distinction majeure entre les différentes phases qui plus est. Nous avions déjà critiqué cet aspect dans Spider-Man 2, qui prenait déjà un malin plaisir à faire durer les duels face à ses boss, mais ils avaient bien plus de panache que ceux de Wolverine, et ils étaient surtout plus nombreux et plus variés. La bonne nouvelle, c'est que, cette fois encore, le jeu sauvegarde bien la progression à chaque nouvelle phase pour ne pas nous obliger à tout reprendre à zéro à chaque défaite. Autre problème, et non des moindres, la caméra est souvent placée si proche du personnage, sans possibilité de locker efficacement les ennemis, que les combats peuvent devenir assez confus, rendant plus difficile la gestion des parades ou des esquives. Tout cela tend à rendre l’expérience globale un peu agaçante parfois, et surtout, très répétitive, même si la base du système de combat demeure très solide et que le studio a réellement tenté de varier le reste de la proposition de gameplay.

Et James bondit

On a donc le droit à quelques phases “d’enquêtes narratives”, qui ont pour but de ralentir un peu le rythme pour nous laisser souffler un peu, et parfois donc, de développer un peu plus les relations entre les personnages. Sur le papier, l’idée est bonne, mais encore une fois, tout reste ici trop convenu, et surtout trop guidé. Malgré le côté très linéaire des niveaux traversés, bien que certaines zones proposent ponctuellement un peu plus d’ouverture, l’odorat et l'ouïe de Logan justifient la présence d’une ligne GPS toute tracée qui ne demande plus qu'à la suivre, y compris pour retrouver les bouteilles de whisky (qui débloquent de nouveaux brins d’ADN permettant d’ajouter des bonus passifs à son build) ou les valises tech (qui renferment les ressources nécessaires pour crafter de nouveaux costumes et griffes - ces derniers n’apportant pas de compétences spécifiques, mais augmentant petit à petit le niveau de santé du héros, à chaque nouvel “achat”). Insomniac a également ajouté dans chaque niveau des défis spéciaux auxquels on accède en suivant d’étranges racines menant à une porte qui entraîne Logan vers ses souvenirs refoulés. Une fois de plus, il n'est jamais nécessaire de fouiller l'environnement pour les chercher puisqu’on nous les sert à chaque fois sur un plateau. Ces défis sont de deux types, combat ou plateforme, et dans l’idée, ils sont tout à fait sympathiques. Certains diront qu’ils viennent casser le rythme de l’aventure, mais rien ne vous oblige à les essayer tout de suite quand vous croisez leur chemin. Chaque défi propose un temps à battre pour obtenir une médaille (bronze, argent, or et adamantium) et invite à perfectionner sa maîtrise du gameplay. Comme évoqué plus haut, nous les avons tous terminés (certains avec la meilleure médaille possible, d’autres avec un résultat plus modeste) et ces parenthèses ont généralement été sympathiques. Le défi le plus chronophage est certainement celui qui demande de faire face à plusieurs vagues d’adversaires pour engranger des points avec, entre chaque grosse série, la possibilité de choisir un bonus, qui s'accompagne parfois d’un malus (comme par exemple une régénération de vie ralentie), pour les suivantes. Une approche qui rappelle certains roguelikes et qui pimente un peu la partie, même si nous avons trouvé ces défis bien trop longs. Quant à ceux qui sont tournés vers la plateforme, ce sont clairement les plus réussis visuellement, avec une mise en scène des décors assez audacieuse (ils flottent dans les airs et s’adaptent aux régions que vous traversez), mais les mécaniques de déplacement sont tellement scriptées et automatisées qu’il suffit de courir en appuyant sur la touche de saut de temps en temps pour décrocher la meilleure médaille. Il existe bien quelques chemins alternatifs, mais cela ne rend pas ces passages plus délicats pour autant. C’est dommage car Logan est capable de déclencher des bonds assez vertigineux (un peu comme Hulk) et ses déplacements sont assez grisants, à défaut d’être très précis. L’exploration dans les niveaux permet aussi de mettre ces capacités de traversal à profit, mais le chemin à suivre étant parfaitement indiqué, on nous laisse finalement assez peu de liberté à ce niveau en dehors de quelques séquences plus ouvertes. Sauter sur un container pour y prendre appui et bondir sur un ennemi reste cependant toujours assez jubilatoire, tout comme passer de toit en toit à Tokyo ou à Madripoor, mais Wolverine n’étant pas Spider-Man, on passe tout de même l’essentiel de notre temps sur la terre ferme.

Logan a également l’occasion d’enfourcher une grosse moto à l’occasion de deux séquences qui semblent vouloir rendre hommage aux vieux jeux de course en 2D des années 80/90. On y avance dans un couloir avec parfois la possibilité de prendre un chemin de traverse sur le côté, on peut accélérer et freiner (mais il s’agit d’un leurre car le deux roues poursuit sa route même quand on essaie de l’arrêter de force), on nous demande d’éviter les voitures du trafic (sur lesquelles le héros a de toute façon tendance à glisser sans trop d’impact sur sa santé pour ne pas perdre trop de vitesse) et les quelques efforts de mise en scène fonctionnent moyennement en dehors des cinématiques qui peuvent se déclencher au cours de ces passages. Ce n’est donc pas très différent des passages similaires que proposait il y a peu 007 First Light, et il ne faut donc pas en attendre plus. On apprécie l’effort de variété que cela implique, mais on reste loin de la maestria de la séquence de poursuite en jeep dans Uncharted 4, tant en termes de sensations que de pilotage et de réalisation globale. Comme nous le disions plus haut, Wolverine ajoute également quelques passages où Logan peut essayer de garder un profil bas. Hautes herbes, possibilité de monter dans les arbres et de sauter de branche en branche ou de passer par les toits, les arènes où l’infiltration light est possible sont assez faciles à repérer. Si vous pourriez penser que cet aspect ne colle pas avec la nature bestiale du personnage principal, on vous rétorquera qu’un prédateur tel que lui peut tout à fait s’adonner aux joies de la chasse au dépend de ses adversaires. Malgré tout, le jeu n’étant pas vraiment pensé pour que l’on y joue les Batman, le temps donné à l’infiltration ne pourra jamais durer très longtemps. Pour illustrer cela, il suffit de préciser qu’il vous sera impossible de lancer une double-exécution avant d’avoir débloqué une compétence à laquelle on ne peut accéder avant le dernier tiers de l’aventure. Et même une fois que vous êtes en mesure de le faire, le placement de vos adversaires ne vous le permettra qu’assez rarement. On peut cependant cibler les tireurs d’élite placés en hauteur en priorité pour faire un peu le ménage avant de plonger de nouveau dans la mêlée et faire couler le sang. Notez qu’à partir d’un moment donné, on peut demander à Jean d’étourdir un ennemi grâce à ses pouvoirs psychiques de manière à lancer une attaque furtive sur deux autres ennemis en attendant de s’occuper du dernier. On ne l’a pas évoqué plus tôt, mais Logan peut aussi profiter de la présence d’un coéquipier pour déclencher des attaques combinées, mais il ne sera jamais possible de les lancer manuellement. C’est un peu dommage, car la présence d’une simple jauge supplémentaire aurait peut-être pu le rendre possible. Rien de grave en soi, le système fonctionnant bien sans l’intervention du joueur, et rassurez-vous, cela n’arrive jamais de façon trop systématique.

Entre griffes claires et griffes foncées

Côté réalisation, pas de surprise, c’est du solide. Insomniac nous avait habitués à des productions de qualité à ce niveau et Wolverine ne déroge pas à la règle. Il impressionne cependant moins que ses prédécesseurs, Rift Apart possédant une direction artistique bien plus affirmée, et les jeux Spider-Man un open world très vivant et détaillé. Wolverine dispose lui aussi d’environnements soignés, mais ils sont tout de même assez inégaux. En extérieur, le moteur est plutôt bien mis en valeur avec des passages forestiers visuellement réussis et des villes (Tokyo et Madripoor) très bien modélisées. En intérieur, le résultat s’avère bien plus mitigé, non pas à cause d’une technique défaillante, mais plutôt à cause du manque flagrant d’originalité dont les environnements souffrent : entrepôts, usines, laboratoires, mines, avec ce genre de décors, il est compliqué de surprendre le joueur. En ressort l’impression d’une DA très générique qui se ressent également dans le design peu surprenant de la grande majorité des ennemis. De plus, même si nous comprenons parfaitement le besoin de capitaliser sur des environnements sur lesquels on a passé beaucoup de temps de développement, nous avons été déçus par leur faible nombre au final. Ainsi, on nous fait passer un temps assez conséquent à Tokyo, dans le même quartier en général, et on revient régulièrement à Madripoor pour les besoins du scénario, même si l’on peut y découvrir de nouvelles zones. À l’annonce d’un jeu linéaire plus à l’ancienne, nous espérions pouvoir compter sur une plus grande variété de destinations, et accessoirement, sur un peu plus d’audace dans les choix de lieux présentés. Récemment, 007 First Light (encore lui) nous a montré que c’était encore parfaitement possible sur un gros projet, mais quand on repense au premier The Last of Us (l’unité de lieu - et de météo - de la suite n’avait cependant pas empêché Naughty Dog de nous faire traverser des décors remplis de personnalité) ou à la plupart des épisodes d’Uncharted, on se dit qu’il aurait été formidable de pouvoir voyager autant avec Logan et ses coéquipiers. Sur PS5 comme sur Pro, le Ray Tracing est à l’œuvre pour la gestion des reflets et c'est évidemment un plus dans de nombreuses scènes, mais il peut être poussé sur PS5 Pro. Il arrive néanmoins que quelques reflets montrent leurs limites sur certaines surfaces, avec des modèles assez logiquement moins détaillés (y compris avec le RT amélioré sur Pro), mais qui se remarquent un peu plus que dans l'open world de Spider-Man où l'on était rarement statique dans les rues de la ville. Cela arrive assez peu souvent, mais parfois, sur une vitre ou un miroir, il est difficile de l'occulter quand on s'est habitué à ce qu'un gros PC est capable de faire dans ce domaine. La prouesse reste toutefois remarquable quand on sait que l'on peut jouer au jeu à 60 fps sur une machine aux capacités bien plus modestes. Sur PS5 Pro, les modes Fidelity Pro et Performance Pro permettent évidemment de pousser les potards un peu plus haut, sachant en plus qu'il est possible de débloquer le framerate pour laisser le jeu aller bien au-delà des 30 fps imposés par le premier (comprendre autour des 60 fps et au-dessus), à condition de posséder un écran 120 Hertz compatible VRR. Plusieurs options de VRR sont d'ailleurs disponibles, variable, pour jouer la plupart du temps autour du 60 fps voire au-delà (pour un rendu généralement parfaitement fluide en dehors de quelques courts ralentissements sur certaines explosions quand le framerate sort de la fenêtre VRR de la machine), ou bloqué, auquel cas le rafraîchissement d'image est limité à 30 fps ou 40 fps selon l'écran possédé (pour la seconde option, il faut également qu'il soit compatible 120 Hertz). Si vous possédez une PS5 Pro et un téléviseur récent, le choix du mode Fidélité Pro semble le plus logique, mais même en mode Performance Pro (qui correspond au mode Qualité sur la console de base), le rendu est excellent (et on peut y activer les améliorations liées au Ray Tracing, sans perte de fluidité).

Comme vous pouvez l'imaginer, nous avons droit ici à des efforts de mise en scène réguliers pour rendre l’action plus spectaculaire, et dans l’ensemble cela fonctionne bien grâce à la bonne maîtrise technique du studio. En revanche, on vous conseille de ne pas hésiter à désactiver les QTE qui sont imposés par défaut et qui n’apportent rien à l’expérience globale. Il arrive même que l’erreur du joueur ne soit absolument pas pénalisée dans certains cas bien précis. Bien que nous ayons parfaitement conscience que beaucoup n’y verront là aucun inconvénient, il y a quelque chose de très désuet dans la manière dont ils sont intégrés à l'aventure (appuyer sur plusieurs boutons à la suite pour libérer un loup prisonnier de branchages n'est pas spécialement pertinent par exemple). À l’époque du premier God of War, l’ajout des QTE pour achever ses adversaires tenait vraiment du génie, car la mécanique impliquait le joueur dans l'action, mais aujourd’hui, il y a finalement peu d’intérêt à appuyer sur L2/R2 au cours d’une cinématique dont on profiterait bien mieux sans. Heureusement, le jeu fourmille d’options pour personnaliser son expérience, avec encore une fois moult possibilités pour le rendre accessible à tous les types de joueurs et joueuses. On ne le dira jamais assez, les productions Sony ne lésinent vraiment jamais sur les efforts pour ouvrir le médium au plus grand nombre et c’est une excellente chose. De même, le doublage intégral en français est un atout de taille de nos jours, surtout quand on sait que l’excellent Jérémie Covillault reprend son rôle de Wolverine (qu’il a débuté dans le film Logan en 2017) dans le jeu. Pour les Français que nous sommes, c’est un atout indéniable de pouvoir retrouver une voix aussi familière, comme cela avait été le cas avec Donald Reignoux et Spider-Man, puisque le comédien était à l’époque la dernière voix officielle en date du tisseur au cinéma. La version originale en anglais est également accessible avec des sous-titres dans notre langue, et elle est aussi d’excellente qualité. Les acteurs et actrices du casting parviennent à donner du relief aux différents personnages et même les quelques scènes un peu plus touchantes sont réussies. Comme nous le disions en début d'article, Troy Baker fait son grand retour dans une production PlayStation Studios, et comme d'habitude, il livre une prestation très solide, mais on retrouve également son compère Nolan North, qu'il avait déjà croisé dans Uncharted 4. Liam McIntyre est parfait en Wolverine et Kristia Bajos donne à Jean Grey une touchante sensibilité qui la rend attachante. On ne citera pas tous les autres, mais ils ne sont pas en reste évidemment et cela donne un casting vocal très équilibré. Si l’on n’atteint jamais la maestria narrative et l'impact émotionnel d’un TLOU (ni l’excellence du scénario cryptique de Saros, encore lui), suivre l’histoire fait indéniablement partie des petits plaisirs de ce Wolverine, et tout cela on le doit aux efforts de Sony pour fournir une localisation à la hauteur, et ne pas se contenter d'une bonne VO sous-titrée. Enfin, évoquons la bande originale, qui s’appuie sur des thèmes très efficaces (le principal est une réussite, même s’il semble un peu familier peut-être) et d’excellents choix de chansons (dans le générique de fin).

Verdict


C'est un crève-cœur car les développeurs d’Insomniac étaient toujours parvenus à nous séduire jusque-là, mais cette fois hélas, la magie n’a pas vraiment opéré jusqu'au bout. Une fois passées les premières heures, déjà assez convenues en termes de progression il faut le dire, la routine s’est installée si rapidement que nous avons fini par ressentir beaucoup de lassitude dans les phases de gameplay. Le système de progression n’apporte pas suffisamment de renouvellement pour rendre le système de combat plus profond et plus varié, et comme le bestiaire est lui aussi trop limité, la comparaison avec les précédentes productions du studio n’est clairement pas à l’avantage de Wolverine. Le manque de variété des lieux traversés pèse également assez lourdement dans la balance, même si nos attentes sur ce plan étaient peut-être un peu exagérées, et que cela n’enlève rien à la qualité de certaines des destinations proposées. Reste effectivement un titre qui sera assurément très efficace pour le grand public et les joueurs plus occasionnels, avec des personnages attachants et une bonne réalisation d’ensemble. Wolverine n’est sans doute pas le jeu le plus impressionnant de la machine, mais il demeure très soigné visuellement, tout en proposant une expérience très fluide. Après l’incroyable Saros, que l’on ne saurait trop vous conseiller tant son gameplay et sa direction artistique atteignent des sommets injustement boudés par les joueurs, cette nouvelle exclusivité PlayStation nous a laissé un petit goût amer, celui de la déception. Une première pour nous qui sommes friands des exclusivités Sony depuis bien des années, mais il faut bien un début à tout... On espère que la flamme de l’enthousiasme reviendra nous animer dans les prochains mois, avec notamment le DLC solo consacré à Ghost of Yotei, jeu qui nous avait vraiment ravi l’an dernier, ou bien sûr Intergalactic, le prochain Naughty Dog, dont on espère avoir des nouvelles rapidement. En attendant, même si ce Wolverine n’est absolument pas un mauvais jeu, il nous semble bien en deçà des plus grosses pointures de la marque et il ne fera par conséquent pas partie de notre liste des jeux les plus marquants de l'écosystème PlayStation.
  • Les plus
  • Personnages plutôt réussis
  • Écriture classique mais efficace
  • Ça défoule bien pendant un temps…
  • La brutalité des combats
  • Solide techniquement
  • Bons doublages, VF comme VO
  • Jérémie Covillault !
  • Plutôt joli et propre, avec quelques beaux décors
  • VRR, modes graphiques, Ray Tracing
  • Durée de vie très honnête
  • Chouettes chansons de générique de fin
  • Thème principal réussi lui aussi
  • Les moins
  • Affrontements pas toujours très lisibles
  • Système de combat peu varié et sans profondeur
  • … puis tout devient très répétitif
  • DA trop générique (ennemis, décors)
  • Trop peu de boss et ils ne sont pas mémorables
  • Quelques faiblesses visuelles avec le RT
  • Trop long pour ce qu’il propose
  • Plateforme trop assistée
  • Des QTE inutiles et anachroniques

Notre review en vidéo

Blackninja
Blackninja
Commentaire du 10/09/2026 à 17:18:06
Triste mais prévisible à la vue des trailers.
Bon vu que GoY m’a laissé de marbre et encore plus pour les God of War il ne reste plus que le jeu des Dogs pour sauver les meubles. Ma ps5 va vraiment continuer à prendre la poussière...
En réponse à
zero2lyon
zero2lyon
Commentaire du 10/09/2026 à 18:12:46
Dommage moi j'espérais un peu quand même :(
Tant pis je garderai mes sous pour Resonance par exemple ou pourquoi pas Phantom Blade plus tard...
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Quoi de neuf ?
  • Blackninja

    Blackninja @Driftwood: je l’ai fait à l’époque j’en garde un très bon souvenir (il y a 24 minutes)

  • Driftwood

    Driftwood @Blackninja: je doute qu'il soit fondamentalement meilleur, mais je ne l'ai pas fait à l'époque. (il y a 46 minutes)

  • Blackninja

    Blackninja @davton: ça m’a donné envie de refaire celui sur 360 (il y a 49 minutes)

  • davton

    davton @davton: ah bah voilà :D (il y a 1 Heure)

  • davton

    davton @Driftwood: il est 17h02 où est Wolverine ??? (il y a 1 Heure)

  • Driftwood

    Driftwood @GTB: c'est dommage, Sony n'a pourtant pas tant de gros jeux annoncés pour le moment en dehors de GoW et Intergalactic. Les perfs de DS2 doivent expliquer cela. (il y a 2 Heures)

  • GTB

    GTB Bien curieux de lire ce que vaut ce Wolverine :). Sinon, Sony lâche Kojima et son jeu Physint. C'est Xbox qui récupère le bébé. Décidément ils enchainent les bons moves Sony. (il y a 2 Heures)

  • Driftwood

    Driftwood Il est de nouveau possible de télécharger les vidéos sur le site. Désolé pour le mois et demi de panne. (il y a > 3 Mois)

  • Driftwood

    Driftwood Retrouvez notre review de Rift Apart dès 16h00 aujourd'hui, mais en attendant Guilty Gear -Strive- est en vedette en home ! (il y a > 3 Mois)

  • Driftwood

    Driftwood Le live commence d'ici 30 minutes, voici le lien GSY [url] et celui de Twitch [url] (il y a > 3 Mois)

  • Driftwood

    Driftwood Nouveau live sur Returnal à 14h30 aujourd'hui. (il y a > 3 Mois)

  • Driftwood

    Driftwood Le stream via Twitch, ici : [url] (il y a > 3 Mois)

  • Driftwood

    Driftwood Le stream maison ce sera ici : [url] (il y a > 3 Mois)

  • Driftwood

    Driftwood Rendez-vous à 17h00 pour un direct de 40 minutes sur Returnal (il y a > 3 Mois)

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