Pour de nombreux joueurs et joueuses, l'été est souvent l'occasion de se laisser tenter par des jeux un peu différents et, quand c'est possible, que l'on peut pratiquer en nomade. Denshattack! fait clairement partie de cette catégorie de titres rafraîchissants qui procurent un plaisir immédiat, mais qui n'en sont pas moins profonds et intéressants. Un jeu qui n'est pas uniquement destiné à la Switch ou au Steam Deck (entre autres), même si nous n'avons pas boudé notre plaisir en le découvrant sur un petit écran.
Développé par le studio barcelonais Undercoders, Denshattack! est une véritable lettre d’amour au Japon, du jeu vidéo en passant par les mangas et les animés. Impossible de ne pas penser à Jet Set Radio en découvrant la direction artistique colorée et le monde futuro-déjanté du titre, qui s’appuie sur un concept tout aussi fou. Dans le monde de Denshattack!, il existe en effet une improbable compétition de trains où les locomotives, tels des skateboards de métal hurlants, peuvent être lancées dans les airs pour leur faire effectuer les figures les plus improbables, les faire changer de rail de circulation pour éviter les obstacles, rouler sur les murs, ou encore grinder le long de rambardes aériennes. Une idée complètement folle qui fonctionne incroyablement bien grâce à un level design vertigineux et inventif qui ne cesse de surprendre et à un gameplay accessible qui propose une belle marge de progression permettant de revenir sur des tracés déjà terminés pour obtenir toutes les médailles d’or. Les amateurs de challenge pourront en effet s’acharner à décrocher les meilleurs temps et scores et à réussir tous les défis proposés en plus sur chaque circuit. Rassurez-vous, il n’est pas obligatoire de tout accomplir en même temps au cours d’une tentative. Pour celles et ceux qui ne se pensent pas à la hauteur, pas de panique non plus, la progression n’est que rarement contrariée à cause de la difficulté, et hormis dans certaines épreuves qui demandent d’atteindre un certain score, on n'est jamais obligé de recommencer une course, que l’on ait atteint les objectifs de points et de temps ou réussi les défis indiqués. Même sans obtenir une médaille de bronze au global, il est parfaitement possible de continuer l’aventure.
L’histoire se raconte par le biais d’images fixes, parfois doublées (en anglais ou en japonais au choix), dans un esprit très manga, et sans aller jusqu’à dire que l'intrigue est indispensable à l'expérience, les personnages hauts en couleurs participent à l'immersion dans l’univers. On progresse sur une carte à la manière de certains vieux jeux de plateforme, Mario en tête, avec parfois de courts arrêts à un journal pour compléter les pages de fanzine débloquées, ou à l'atelier pour personnaliser son train (coloris et stickers) ou en acheter un nouveau (chacun ayant ses propres statistiques - bonus et malus). Certaines épreuves demandent d'affronter le boss local, avec des mécaniques originales qui dépendent de l’adversaire (comme renvoyer une balle de baseball géante en faisant une figure), d’autres de remplir plusieurs objectifs sur un circuit fermé à plusieurs embranchements sur lequel on tourne en boucle jusqu’à tout dénicher, mais la plupart nous place sur les rails à partir d’un point A avec pour but d’atteindre la fin du trajet au point B. Si l'idée de vous déplacer sur des rails peut vous sembler très restrictive dans un jeu qui glisse sur les traces de Jet Set Radio ou Tony Hawk Pro Skater, il n’en est rien. D'une part, le jeu oblige régulièrement à changer de voie pour éviter des obstacles ou à sauter par-dessus quand aucune autre option n’est possible. D’autre part, on se retrouve régulièrement obligé de bondir sur un mur ou sur une rambarde, sans compter que les circuits sont pensés pour vous en mettre plein les yeux, avec des passages improbables qui nous demandent, par exemple, de diriger la grande roue sur laquelle on vient d'atterrir tout en faisant sauter notre train régulièrement pour éviter les obstacles qui se présentent sur notre chemin. On ressent donc un réel plaisir à chaque fois que l’on découvre un nouveau tracé et comme on va de surprise en surprise, la progression est forcément bien plus motivante.
Tout cela ne fonctionnerait pas aussi bien sans une jouabilité bien pensée. Heureusement, le studio Undercoders n’a pas failli sur le plan des contrôles et des sensations de jeu. Comme les possibilités sont nombreuses, le jeu nous les présente petit à petit pour nous laisser le temps de les assimiler avant que d'autres soient ajoutées par la suite (ce qui arrive régulièrement, même après plusieurs heures de jeu). Le train de l'héroïne peut sauter, freiner, déraper (avec une notion de dérapage parfait quand on parvient à trouver le bon timing), faire des figures à l'aide du stick droit, mais il est aussi capable de grinder sur des rambardes (avec une mécanique d'équilibre à maintenir), de se rabattre immédiatement au sol après un saut (pour ne pas s'écraser sur un flanc de montagne par exemple), et même de quitter la voie ferrée pour éviter certains obstacles (avec parfois la possibilité de rouler au plafond ou sur les murs dans les tunnels cylindriques que l'on traverse). On ne va évidemment pas tout vous décrire ici, pour éviter de vous gâcher la surprise, mais d'autres façons de se mouvoir seront aussi de la partie. Comme les déplacements se veulent rapides, le jeu nous donne toujours des indications en temps réel concernant le tracé. À la manière de ce que l'on peut trouver dans un jeu de rallye, on peut donc compter sur des panneaux qui s'affichent à l'écran pour nous annoncer un virage, un passage où il faut utiliser l'avertisseur sonore du train pour ouvrir une barrière, etc. Si vous pensez que cela risque de vous faciliter un peu trop le travail, il n'en est rien. Il s'agit là d'une aide bienvenue, mais cela ne vous empêchera pas d'échouer lamentablement plusieurs fois par course. Heureusement, comme nous l'évoquions déjà plus haut, Denshattack! n'est pas construit sur un modèle de progression frustrant, et il est dès lors possible de manquer une manipulation sans que les conséquences en soient dramatiques. Undercoders a décidé de ne pas sanctionner les erreurs du joueur, aussi, chaque mauvaise manipulation impose seulement de reprendre quelques secondes avant l'accident. À moins donc de vouloir terminer une course sans la moindre sortie de route (pour le défi correspondant), on n'est jamais obligé de relancer une épreuve à cause d'une erreur qui nous aurait fait perdre un temps précieux.
On ne l'a pas évoqué au sein de l'article mais la bande originale de Denshattack! est aussi d'excellente facture, avec une liste de noms ayant participé au projet qui impressionne compte tenu de leurs CV respectifs. On vous laisse les découvrir dans la liste suibsuit, mais soyez bien assurés bien que le studio Undercoders n'a pas oublié qu'un jeu d'arcade se devait d'offrir une bande son à la hauteur de son gameplay.